Bienheureux Pierre-René Rogue !
"Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l'espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect."
Cette parole de saint Pierre Apôtre, dans la deuxième lecture de la messe de ce dimanche, résonne tout spécialement en ce 10 mai, date anniversaire de la béatification du Père Pierre-René Rogue, martyrisé pendant la Révolution française, et dont le corps repose en notre cathédrale.
Le connaissons-nous vraiment ?
Né à Vannes, Pierre-René a vécu une époque, où, peut-être un peu comme en la nôtre parfois, la gloire de Dieu avait déserté le sanctuaire.
Transformées en temple de la déesse Raison, en écurie ou en magasin d'armement, les églises étaient interdites au culte, et les chrétiens ne pouvaient pas s'y réunir pour célébrer le Dieu vivant.
Dieu avait trouvé refuge dans la conscience de ses fidèles, et dans le secret de leur cœur.
Ordonné prêtre en 1782, Pierre-René devient aumônier de la Retraite des Femmes. Quatre ans plus tard, il entre dans la Congrégation de la Mission, fondée par Saint Vincent de Paul.
En 1787, il est nommé professeur de théologie au Grand Séminaire de Vannes. Lorsqu'éclate la Révolution, il refuse les prestations de serments qui visent à créer une Église nationale, schismatique, séparée de Rome et du Saint Père, et son influence entraîne l'immense majorité du clergé du diocèse dans la résistance à un régime qui prétend dicter ses lois à l'Église.
Lorsqu'en 1792, l'Assemblée législative décrète la proscription des prêtres réfractaires, Pierre-René entre dans la clandestinité pour pouvoir poursuivre son ministère.
Sous le régime de la Terreur, il change souvent de domicile, pour ne pas mettre en danger la vie de ceux qui le cachent.
Le 24 décembre 1795, trahi par quelqu'un qui devait beaucoup à la générosité de sa famille, Pierre-René est arrêté alors qu'il portait le Saint Viatique à un mourant, au 9 de la rue Émile Burgault, tout près de la cathédrale.
On peut dire que Pierre-René est un martyr de l'Eucharistie.
"Faites-le avec douceur et respect" : ces sentiments ont rayonné dans l'âme de notre martyr. Jusqu'au bout !... Dans sa prison, il composa un cantique qu'il chanta en montant à l'échafaud.
Puisse l'exemple de la vie et de la mort du Bienheureux Rogue nous inspirer aujourd'hui et demain !
Nous confions à l'intercession de notre ami du Ciel les audaces missionnaires de notre paroisse et les enjeux pastoraux de notre retour à la cathédrale en mars 2027 !
P. Patrice