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Les disciples d'Emmaüs

Homélie du 19 avril 2026

« Comme votre cœur est lent à croire… »

Quand Jésus s’adresse aux deux pèlerins d’Emmaüs en ces termes, nous savons bien au fond de nous-mêmes que ce message, c’est à nous aussi qu’il est adressé.

Avant de voir comment Jésus va s’y prendre pour ouvrir les yeux et le cœur des deux disciples, et donc nos yeux et notre cœur, essayons de comprendre pourquoi leur « cœur est lent à croire », pourquoi ils sont « tout tristes », comme nous le rapporte Saint Luc.

Qu’attendaient-ils, qu’espéraient-ils ?

Lors de l’arrivée à Jérusalem, il y a quelques jours à peine, ils étaient plein d’enthousiasme, ils touchaient au but, Jésus allait enfin triompher et manifester au peuple toute sa puissance. Et les apôtres également croyaient la même chose.

Et que s’est-il passé à la place de ce triomphe annoncé ?

Un désastre.

La flagellation, la chute, l’accablement, la désolation, et, pour finir, la mort sur la croix, cette croix dressée sur le Calvaire comme le signe d’une défaite qu’ils n’avaient envisagée un instant.

Les deux pèlerins cultivaient une espérance uniquement humaine. Ils étaient prisonniers de ce qu’ils attendaient du Messie, ils étaient enfermés intérieurement.

Et leur tristesse et leur désespérance sont immenses.

Et nous, combien de fois avons-nous espéré ce qui ne s’est pas réalisé, combien de fois nous sommes-nous sentis tout près de la réussite, d’un bonheur imaginé, et combien de fois avons-nous été déçus, tristes, amers, parce que finalement rien ne s’est passé comme prévu ?

C’est précisément ce moment, ce moment de la tristesse et de la désespérance, que Jésus choisit pour entamer ce que le pape François a appelé une « thérapie de l’espérance ».

Tout d’abord, le Christ demande, Il écoute, dans la discrétion, dans la patience, Il n’est pas « envahissant », pour reprendre à nouveau une expression du pape François.

C’est en marchant avec les deux disciples, à leur pas, et en leur parlant à travers les Ecritures qu’Il parvient à leur redonner l’espérance, et c’est en répétant les gestes de la cène, en rompant le pain, en le bénissant et en le leur donnant, que leurs yeux s’ouvrent.

Et Il disparaît.

Mais ce n’est plus un problème pour eux : ils sont entrés dans un chemin de foi, ils passent de la tristesse à la joie, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, et ils sont prêts à suivre le Christ jusqu’au bout de leur chemin, puisqu’ils savent désormais qu’Il est avec eux sur ce chemin.

Pour nous, il en est de même. C’est au cœur de ce que nous vivons au quotidien que Jésus veut se révéler, c’est au cœur du réel que nous vivons qu’Il veut se manifester.

C’est toujours lui qui prend l’initiative de s’approcher de nous, de marcher à nos côtés, de nous tendre la main.

Il ne se lasse jamais de rester auprès de nous, malgré nos fautes, nos faiblesses, nos résistances, notre peu de foi en Sa présence.

Jésus sera toujours à nos côtés pour nous donner l’espérance : même si les apparences nous semblent bien souvent contraires, nous continuons à être aimés.

Il nous revient de nous tourner vers Lui, de prendre la main qu’Il nous tend sans cesse. C’est en le priant, dans un cœur à cœur confiant et humble, que nous pourrons Lui ouvrir la porte et adhérer à cette espérance qu’Il nous offre.

L’évangile nous dit que les deux disciples avaient un « cœur brûlant » quand Jésus leur expliquait les Écritures.

La connaissance des Écritures est essentielle à la vie de tout chrétien, et plus encore à l’annonce du Christ et de Son Evangile : c’est le Christ et l’Evangile qu’il s’agit d’annoncer, pas nos propres idées.

« Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ », avait coutume de dire Benoît XVI.

Alors, n’hésitons pas à lire et relire la Parole de Dieu, sans nous lasser.

L’évangile nous dit également que les deux disciples reconnaissent enfin Jésus à la fraction du pain : ce n’est donc pas avec leurs yeux qu’ils prennent conscience qu’ils sont en présence du Christ Ressuscité, puisque leurs yeux étaient comme voilés. Ils étaient en quelque sorte aveugles, et la rencontre ne pouvaient pas s’opérer.

N’en est-il pas là encore de même pour nous ?

Nous ne pouvons pas reconnaître Jésus si nous restons enfermés sur nous-mêmes.

La reconnaissance de Jésus ne peut se réaliser que par la foi, la foi dans son Être même, livré pour nous, offert pour nous sauver, présent dans l’Eucharistie, celle que nous célébrons aujourd’hui, et dimanches après dimanches, jours après jours.

La thérapie de l’Espérance de Jésus, dont parle le pape François, passe par les Ecritures et passe par l’Eucharistie, « source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise, mais aussi de notre mission », pour citer à nouveau le pape François.

Attardons-nous maintenant un instant sur la première lecture, et notamment sur la dernière phrase, celle où Pierre dit que Jésus a reçu du Père l’Esprit-Saint et qu’Il l’a répandu sur nous.

Resituons le contexte : nous sommes le jour de la Pentecôte, nous précise le texte.

Que s’est-il passé ce jour-là ?

Comme Jésus l’avait annoncé, l’Esprit-Saint est descendu sur les apôtres et les a complètement transformés.

Il a en quelque sorte pris possession de l’Eglise et a commencé son travail sur Elle.

Pierre a aussitôt pris la parole et sa prédication a immédiatement opéré de nombreuses conversions.

Vous connaissez la suite. Et pour nous, qu’en est-il ?

Le Concile Vatican II, dans « Gaudium et spes », nous dit que le Saint-Esprit « agit invisiblement dans le cœur de tout homme ».

Oui, l’Esprit-Saint agit en nous, Il nous influence. Comme tout chrétien, nous devons essayer de vivre en contact avec l’Esprit-Saint et ne pas méconnaître sa puissance agissante en nous.

Sans nous en rendre forcément compte, c’est l’Esprit-Saint qui nous permet d’accomplir notre mission dans l’Eglise, d’être des « disciples missionnaires », à l’image des deux disciples d’Emmaüs qui, nous dit l’évangile, « à leur tour, racontaient ce qui s’était passé ».

Que le Seigneur nous donne la grâce de Le rencontrer à chaque instant de notre vie et de réaliser qu’Il marche à nos côtés à tous moments.

Qu’Il nous donne la grâce de nous ouvrir les yeux, de rendre nos cœurs brûlants, pour, à l’image des pèlerins d’Emmaüs, nous permettre de nous tourner vers nos frères et sœurs dans le don de nous-mêmes, en étant toujours animés par Son Esprit-Saint, vrai moteur de notre action, et en ajustant notre volonté à celle de Dieu.

Philippe Vandervoorde, Diacre

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