30e dimanche du temps ordinaire A
Cathédrale de Vannes
À quelques jours des fêtes de la Toussaint, la Parole de Dieu de ce dimanche nous remet devant l’essentiel de notre vie chrétienne !
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit… Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Devant le docteur de la Loi qui veut piéger Jésus, « tu aimeras » !
Il suffit d’une phrase pour tout renverser : « Tu aimeras ».
Non pas : tu observeras, tu calculeras ou tu accompliras parfaitement des rites.
Mais : tu aimeras.
Jésus ne simplifie pas la loi, il en dévoile le fondement.
L’amour de Dieu et celui du prochain sont inséparables. Et le piège du docteur de la Loi est déjoué. Au temps de Jésus, la religion juive consistait essentiellement à observer plus de 600 commandements de ritualité. Jésus, ici, met la religion dans ses deux dimensions : verticale pour aimer Dieu et horizontale pour aimer son prochain. Il faut que le Ciel soit sur terre et que la terre soit ciel. Vivre ainsi, c’est devenir ciel pour les autres !
Dans l’Exode, Dieu parle avec ses entrailles. Il éduque petit à petit son peuple pour qu’il quitte ses idées préconçues de la foi et qu’il entre dans l’Alliance qui libère et fait vivre. Il prend parti pour l’étranger, la veuve, l’orphelin, le pauvre. Là où la religion pourrait devenir un système, Dieu répond qu’elle est aussi et d’abord une attention aux plus vulnérables. Pourquoi ? Parce que Dieu Lui-même écoute le cri des opprimés et qu’Il compatit à leur souffrance. Il s’agit d’aimer comme Dieu.
À ceux qui cherchent à le piéger, Jésus peut dire l’essentiel : tout dépend de l’image de Dieu que nous avons. Car aimer Dieu n’est ni un sentiment, ni un concept, mais une décision totale : de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit. Et cet amour de Dieu se vérifie immédiatement dans l’amour des autres, de la nature, de tout le créé : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Car la foi ne se réfugie pas dans des gestes impeccables pour éviter de vivre. Elle se reconnaît là où quelqu’un est relevé, soigné, écouté et respecté.
Au fond, Dieu ne demande pas à être servi comme un Maître lointain. Il invite à entrer dans sa propre manière d’aimer.
C’est ce que nous allons redécouvrir en vivant notre Pèlerinage à ROME !
Depuis janvier 2025, nous vivons tous « cathédrale hors les murs ». Nous sommes en sortie et en pèlerinage.
Partir en pèlerinage, en marchant sur les pas des « Saints Pierre et Paul », peut nous renouveler de l’intérieur, tous, les uns avec les autres, car on ne pérégrine pas seul. Nous marcherons ensemble, à la source, en priant, en aimant Dieu et notre prochain, en dialoguant, en nous ajustant.
Partir en pèlerinage est une démarche spirituelle qui invite à faire l’expérience de la marche avec Dieu et avec les autres ! C’est se donner l’occasion de relire l’histoire de nos vies personnelles à la lumière de la Parole de Dieu.
Partir en pèlerinage, ce sera, bien au-delà des chefs-d’œuvre artistiques, redécouvrir la vie des chrétiens qui nous ont précédés et leur demander d’intercéder pour nous, puisque, nous l’avons dit, nous serons au seuil de la Toussaint.
Terminons par un propos du regretté Pape François en 2025, lors de l’année jubilaire : « L’espérance chrétienne nous demande de devenir des pèlerins à la recherche de la vérité, des rêveurs qui ne se lassent pas, des femmes et des hommes qui se laissent bouleverser par le rêve de Dieu, le rêve d’un monde nouveau, où règnent la justice et la paix ».
Pas un voyage, mais un pèlerinage !
Pas une balade touristique, mais une véritable traversée, hors les murs ! Un « hors les murs » qui sait d’où il vient et où il va !
Pas en restant uniquement les yeux fixés au ciel, mais comme des disciples missionnaires en marche qui écoutent leur Maître dire : « Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres » (1 Jean 4, 11).
AMEN.