27ᵉ dimanche ordinaire A
Permettez-moi de dédier cette homélie aux 27 catéchumènes de notre paroisse Saint-Pierre, tant la Parole de Dieu de ce dimanche, éclairée par les paroles de notre très Saint-Père, le Pape Léon, décrit merveilleusement toute l’histoire du salut, cette relation d’amour entre Dieu et son Peuple ! Tentons de comprendre !
Trois points :
- « Je suis la précieuse Vigne du Seigneur »
- « Mais hélas, j’ai trahi ton amour, Seigneur »
- « La conversion est possible, car la grâce est disponible »
« Je suis la précieuse vigne du Seigneur »
La vigne, qui est décrite dans la première lecture comme dans l’Évangile, bénéficie d’une attention et d’une passion sans mesure du propriétaire. Ce dernier ne ménage ni ses forces, ni ses moyens, ni son temps, pour donner à sa vigne un éclat et une vigueur sans pareils. À sa vigne de choix, le pays d’Israël, Dieu a envoyé à maintes reprises des prophètes qui ont été mal reçus et maltraités. Puis, dans les derniers temps, par une sorte de folie et de confiance, Il a envoyé son propre Fils, le véritable héritier des promesses faites à Abraham et à toute sa descendance… L’Évangile de Matthieu annonce déjà le destin de Jésus, lui-même Fils de Dieu, qui sera jeté hors de la vigne, hors de la ville, par ses adversaires qui le condamneront à mort.
Goûtons ici l’amour, l’attachement et le dévouement de Dieu pour nous qui sommes de sa Vigne. Prenons chacun le temps de nous « enchanter » devant les merveilles de Dieu pour la Vie, pour nos vies, devant le « prodige de l’être étonnant que je suis » !
Car tout ce que j’ai, je l’ai reçu gratuitement : « Je ne possède rien qui ne m’ait été donné », dit Saint Paul (1 Co 4, 7).
Depuis la Création du monde, Dieu accompagne patiemment toute l’Humanité, comme « sa vigne précieuse ». Il l’accompagne dans sa diversité, dans ses tâtonnements, dans ses égarements, comme nous l’a rappelé le Pape Léon XIV : « Oui, Dieu est le Seigneur de l’histoire et, quoi qu’il arrive, Il la conduit (l’humanité) vers le salut » (cf. aux jeunes lors de la veillée au Stade de France).
Je dois prendre le temps de réaliser avec gratitude combien Dieu aime sa Vigne précieuse, et combien Il aime chacun des sarments que nous sommes les uns et les autres.
« Mais hélas, j’ai trahi ton amour, Seigneur »
Toujours au Stade de France, le Saint-Père a dit aux 80 000 jeunes rassemblés devant lui : « Nous savons, malheureusement, qu’il y a des forces qui s’opposent à notre relation avec Dieu ; des puissances qui cherchent à diviser les personnes et les peuples en les dressant les uns contre les autres. »
Qui, parmi nous, peut dire qu’il ne s’est jamais laissé prendre au piège des divisions, des jalousies, des infidélités, des dénigrements insidieux qui ont toujours nui à la mission de l’Église, qui est de répandre l’Amour de Dieu ?
Quand nous trahissons l’Amour de Dieu, nous devenons semblables à ces vignerons jaloux, voleurs et mercenaires dont parle l’Évangile. Si je ne bâtis pas la civilisation de l’amour, je suis une vigne stérile, improductive et désolante.
« Seigneur, sauve-moi, manifeste en moi Ta grande Bonté. Convertis-moi dans Ton Amour. Tout ce que j’ai et tout ce que je possède, Tu me l’as donné ; à Toi, Seigneur, je te le rends. »
« La conversion est possible car la grâce de Dieu est disponible »
Et je reprends encore les paroles du Saint-Père prononcées au Stade de France : « Dieu traverse notre âme comme une lumière en nous invitant à un renouveau permanent, à une conversion qui donne tout son sens à l’existence. »
À chacun de nous de se poser cette question : « Est-ce que je laisse Dieu traverser mon âme comme une lumière, comme une source de vie et de vérité ? »
Si nous oublions la source de notre existence, le donateur de tous nos bienfaits, alors notre vie est « déboussolée », insensée. Et le pape d’ajouter encore : « Celui qui vit avec Dieu est libre : libre de tout ce qui obscurcit la vie et la rend vide et dénuée de sens… la dynamique qui caractérise l’existence chrétienne porte un nom précis : elle s’appelle chemin de sainteté, et c’est toujours un chemin de conversion, car il ne suffit pas d’éviter le mal : il faut choisir le bien, et cela ne peut se faire que par l’attachement à la personne du Christ. »
Chers catéchumènes de notre paroisse, j’ose reprendre à ma façon la salutation du Saint-Père, en vous disant que : « Vous allez devenir les saints de France » ! Une sainteté au quotidien difficile, laborieuse, mais tellement belle !
Et quant à nous qui sommes des « vignes préférées du Seigneur », prions Dieu de donner à nos vies la grâce de produire des fruits qui donnent sens et joie à notre monde.
AMEN.
P. Patrice Marivin