Messe en plein air, Jardin des Remparts – Vannes
Quelle grâce pour nous de célébrer notre messe de l’Assomption dans notre jardin des remparts de Vannes ce matin !
La fête que nous célébrons aujourd’hui n’est peut-être pas très facile à accueillir pour nos mentalités « contemporaines » ! Le dogme de l’Assomption a été défini par l’Église en 1950 par le Pape Pie XII, et il est exprimé ainsi : « Au terme de sa vie terrestre, Marie a été élevée en son corps et son âme à la gloire du ciel ».
Marie n’est pas une extraterrestre ou une déesse. Elle est née, elle a vécu et elle est morte comme tout le monde. Elle est bien une femme de notre humanité, et sa vie a bien des choses à nous dire aujourd’hui en 2026.
Je vous propose de vérifier cela en retraçant rapidement les grandes étapes de sa vie :
- Marie a accepté d’enfanter le Sauveur du Monde. Pas sans réfléchir, pas sans se poser de questions, car Marie est fine et intelligente. Mais, quand elle a pris sa décision, elle n’est pas revenue en arrière. Marie est une femme de parole.
- Marie a couru vers sa cousine Élisabeth pour partager sa joie de devenir mère et l’aider dans les derniers mois de sa grossesse (l’Évangile lu à l’instant). Marie aurait pu rester se reposer chez elle, au lieu de partir sur chemins montagneux de Judée. Marie est une femme serviable.
- Marie a mis au monde son enfant au cours d’un voyage éprouvant et dans la précarité d’une étable. Marie ne s’est pas plainte ; « elle gardait toutes les choses dans son cœur et les méditait ». Marie est une femme discrète.
- À Cana, au cours d’un mariage, alors que le vin vient à manquer, Marie se fait attentive aux imprévus. Elle murmure quelques mots à l’oreille de Jésus, puis dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Marie sait prendre des initiatives.
- Marie a eu le cœur transpercé de douleur à chaque fois que son fils s’est mis en danger pour rester fidèle à sa mission. Marie ne s’est pas mise en travers de la mission de son fils pour le dissuader de continuer. Marie est une mère confiante.
- Au Golgotha, Marie a eu la douleur de voir mourir son fils sur la croix. Mais elle ne s’est pas enfuie. Marie est une mère courage.
Le chemin de Marie est notre chemin. Il est aussi le chemin de toutes les femmes. Celles qui s’engagent dans la vie sociale et politique. Savoir tenir parole ; savoir prendre des initiatives ; savoir tenir debout.
Marie n’a rien accompli d’extraordinaire aux yeux du monde. Elle a simplement vécu chaque instant avec foi et disponibilité, et elle est restée ouverte aux autres et debout dans la prière et l’espérance.
C’est cette fidélité ordinaire qui l’a élevée, corps et âme, dans la gloire du ciel, non pas pour être « starisée », « vedettisée », mais pour mener sa mission de Mère de tous les croyants et, plus largement, de « mère de l’humanité ».
Par notre célébration, nous acclamons une grande Dame, chargée d’un ministère de grâce et de miséricorde, un ministère de vie et de compassion.
En ce jour où nous prions pour notre pays, Marie nous montre aussi que la vie assumée jusqu’au bout, dans la douceur et la charité, dans le courage et l’humilité, est toujours supérieure aux illusions d’une mort maîtrisée, que certains voudraient appeler « mort choisie ». On ne choisit pas sa mort, on l’accueille. « Il existe au plus intime de chaque conscience un lieu où l’homme pressent que toute vie est un mystère qui appelle le respect plutôt que la maîtrise, la compassion plutôt que le geste létal. Une civilisation ne se relève jamais seulement par les lois, mais lorsque des consciences décident de servir la vie avec une fidélité renouvelée » (Mgr d’Ornellas).
N’ayons pas peur de prier Marie, pour qu’elle soit toujours près de nous, tous les jours et à l’heure de notre mort. Elle console toujours les affligés, elle vient au secours des malades, elle accueille tous les pécheurs…
Regarde l’étoile, invoque Marie, Si tu la suis, tu ne crains rien ! Elle te conduit sur le chemin !
Mes amis, n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner une place dans nos vies. C’est elle la Reine d’Arvor !
Elle nous montre le chemin de la vraie vie et la joie du Ciel.
AMEN.
P. Patrice Marivin