Commençons notre homélie de Toussaint par un peu de géographie ?

Connaissez-vous l’Ile de Patmos ?... Où est-ce ?...

Il y a quelques semaines, au mois d’août, j’ai reçu une carte postale d’un jeune couple en voyage de noces. En Grèce, à l’est de la mer Egée, non loin des côtes de la Turquie, une petite Ile isolée qui s’appelle Patmos.

Patmos ! C’est là que l’auteur de l’Apocalypse (Saint Jean, selon la tradition) a eu jadis la vision qui nous est rapportée dans la première lecture. Il était exilé dans cette île, vers la fin du premier siècle de l’ère chrétienne, au moment où sévissait une persécution contre les disciples du Christ. Et là, il est donné à Jean de voir, dans la foi, «une foule immense, de toutes nations, tribus, peuples et langues », s’agissant de ceux qui avaient témoigné du Christ jusqu’au prix de leur vie, et qui, désormais, se tiennent en présence de Dieu.

«Moi, Jean, j’ai vu un ange se lever du côté où le soleil se lève », du côté où le soleil se lève et non pas du côté où il se couche !

En célébrant la fête de Toussaint, l’Eglise ne se tourne pas vers le passé mais vers l’avenir ! Comme jadis au « Voyant de Patmos », le Seigneur nous dévoile aujourd’hui «ce qui doit arriver par la suite ».

Aujourd’hui, nous ne fêtons pas uniquement les cent quarante quatre mille, mais aussi la foule immense qui les suit et que nul ne peut dénombrer ! Tous, nous sommes appelés par le Père à rejoindre la foule des saints !

«Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? »

« Ils viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau ! »

En contemplant la foule immense des saints, nous recevons cette immense espérance :  en ce temps de misère pour notre monde, en ce temps «d’épreuve » pour notre Eglise, nous ne sommes pas définis par nos peurs, nos frustrations, nos exaspérations, nos angoisses, nos exigences ou nos concupiscences. Nous pouvons traverser la grande épreuve, nous pouvons « laver nos robes », « les blanchir par le sang de l’Agneau ». (Rappelons-nous que la figure de l’Agneau est utilisée dans toutes les Ecritures pour représenter la victime innocente, et en particulier Jésus qui a traversé la grande épreuve de la croix.)

Comment nous laver, nous purifier, allez-vous me dire ?

En écoutant Jésus, en pensant au bonheur qui est promis dans le discours sur la montagne : «Heureux les pauvres de cœur, heureux ceux qui pleurent, heureux les cœurs purs… ». Il ne s’agit pas d’un bonheur passager, il s’agit d’un bonheur responsable qui est le fruit du don de soi,  de l’amour de Dieu et du prochain.

A une époque ou la peur peut dominer, où la parole est malmenée et où la tentation de la violence n’est jamais loin, à quelle vie et par quels chemins Dieu désire t-il nous conduire aujourd’hui ?

Il me semble qu’il nous indique une route simple et ordinaire, celle de tous les jours. « Fleuris là où Dieu t’a planté », dit un vieux cantique du Père Lucien Deiss.

En effet, c’est dans l’ordinaire de nos vies qu’il nous est demandé :

  • D’assumer et d’accomplir simplement notre mission d’aimer et d’aider nos proches, nos amis, nos voisins, nos collègues et cela en dépit de la règle du « chacun pour soi » tant prôné aujourd’hui.
  • D’assumer et de protéger les fragilités autour de nous : personnes seules ou âgées, parents vieillissants, enfants handicapés, jeunes mères en détresse, et cela en allant à contre-sens de la « culture du déchet » tant décriée par le pape François.
  • D’assumer et respecter ses engagements, dans tous les états de vie : mariage et célibat consacré, dans la vie professionnelle et associative, et cela coûte que coûte, parce que la fidélité est une vertu fondamentale sans laquelle rien de durable ne peut se construire.
  • D’assumer d’être miséricordieux dans une société qui est impitoyable, parce que le pardon qui n’exclut pas la réparation, est une voie de guérison intérieure.
  • D’assumer une liberté d’être et de penser à la manière de Jésus « qui allait son chemin » sans écouter les ragots qu’on disait autour de lui, et préférant se retirer pour prier.
  • D’assumer de servir ce qui est vrai et concret plutôt que ce qui est fantasmé voire déformé par des algorithmes qui manipulent les « like » des réseaux sociaux pour faire du buzz, d’où des manifestations « contre tout » et des prises de position dépourvues de bon sens.

Toutes ces exigences que je viens d’énoncer, ne sont pas faciles à entendre, alors même que notre Eglise est durement éprouvée par le scandale des crimes et abus sexuels.

Qui que nous soyons : prêtres, diacres, laïques, cela nous fait prendre conscience que ces fautes innommables qui ont prospéré pendant des décennies, paraissent démentir les propos traditionnels sur la sainteté de l’Eglise, et entachent gravement la crédibilité de notre témoignage.

Mais c’est dans cette situation que nous sommes invités à revenir à la Source pour nous purifier, et retrouver la vocation de notre Eglise qui a reçu sa sainteté du Christ et qui continue d’être irriguée par son Esprit.

Il n’y a pas une Eglise des pécheurs d’un côté, et, de l’autre, une Eglise des saints. Il y a une seule Eglise, qui est blessée dans son corps à cause du péché de certains de ses membres. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26).

L’Eglise ne nous appartient pas, elle est au-delà de chacun de nous, parce qu’elle est au Christ. Malgré nos fautes, nos défaillances, il poursuit son œuvre d’amour et de salut, et il appelle chacun de ses fils baptisés à refléter sa sainteté, dans l’ordinaire de leur vie, comme l’ont fait tant et tant de saints qui ont pris le chemin des Béatitudes.

Aujourd’hui, c’est avec eux, avec les disciples et la foule rassemblée au pied de la montagne que nous voulons réentendre Jésus nous annoncer l’AURORE d’un jour nouveau :

 « Quand toutes ces choses vous arriveront à cause de moi, réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ».

Bonne fête de Toussaint ! AMEN.

P. Patrice Marivin


L'équipe pastorale

groupe ep 2021 22 bis vignette

Cathédrale Saint-Pierre de Vannes

Ouverte tous les jours de 8h30 à 19h00 sans interruption.

Presbytère : 22 Rue des Chanoines
Tél : 02 97 47 10 88
Permanences d'accueil :
du lundi au vendredi (sauf l'été)
9h30 à 12h00 et de 14h30 à 17h30
Le samedi de 9h30 à 12h00

Diocèse de Vannes

site internet : http://www.vannes.catholique.fr

Maison du Diocèse
55 rue Monseigneur Tréhiou
CS 92241 – 56007 Vannes Cedex

Evéché : 14, rue de l’Evêché – CS 82003
56 001 VANNES Cedex

Nous contacter

mail orange in

Autres paroisses de Vannes

Paroisse Saint-Patern
4 Place Sainte Catherine - 02 97 46 16 84

Paroisse Notre-Dame de Lourdes
50 rue de la Brise - 02 97 63 47 89

Paroisse Saint-Pie X
8 Rue Saint Pie X - 02 97 63 12 56

Paroisse Saint Vincent Ferrier
59 rue des Vénètes - 02 97 63 22 03

Paroisse Saint-Guen
28 rue Irène Joliot Curie - 02 97 47 24 26

Back to top