11è dimanche du temps ordinaire - B
(homélie des messes sauf celle de 11 heures)

Nous voici en vert ! Nous retrouvons un dimanche du temps ordinaire !

La météo est au diapason de notre liturgie ! Et Jésus loue la Création pour donner à voir et à saisir le Règne de Dieu. Et Son Règne est en croissance !

Jésus aimait les images de fécondité : le grain semé en terre, la germination du grain qui devient arbre. Les enfants de nos villes savent encore s’émerveiller de cela, je l’espère. J’imagine qu’ils continuent de faire pousser une lentille sur du coton ou un noyau d’avocat dans un grand pot ? Y-a-t-il plus belle image pour suggérer le mystère de la vie ?

Ecoutons ce que dit Jésus. Il invente deux paraboles, et chacune nous donne une leçon encourageante.

«Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment ».

Cette première image, nous devrions l’apprendre par cœur et savoir la situer dans l’Evangile de Marc, versets 26 – 27. Autrement dit : ça pousse tout seul ! Nous entendons bien qu’il y faut du travail : quelqu’un s’est levé de bon matin pour jeter la semence, mais ensuite tout lui échappe. Je vous pose la question : dans cette parabole, qui joue le rôle principal ? Est-ce le semeur ? A mon avis, l’acteur véritable, c’est le temps. C’est le mystère du temps qu’il faut.

Nous avons tous notre devoir d’état : charge professionnelle, éducation des enfants, engagement associatif, service d’autrui et vie de l’Eglise. Nous n’oublions pas de nous lever le matin, mais l’activité la plus occupante et la plus féconde du semeur, ne nous y trompons pas… Elle est de nous remettre avec confiance au temps qui vient. Avoir confiance dans le Règne qui vient, voilà le travail. Car Dieu a pris les choses en mains.

C’était la première parabole. Et voici la seconde : «A quoi allons-nous comparer le Règne de Dieu ? ». Il est comme une graine de moutarde… ». Ici, nous ne méditons plus sur le mystère du temps, mais sur la modestie des commencements ! La vie, pour grandir, se contente de peu. L’amour aussi, l’évangélisation aussi. Si j’ai bien compris la parabole, sa pointe n’est pas que l’arbre un jour sera immense ! Jésus ne s’inquiète pas trop de cela, il dit plutôt : regardez le peu que vous avez en main, et croyez que cela suffit. Ne dîtes jamais que vous avez trop peu, et que la tâche est écrasante. Dites plutôt : le très peu que nous avons en main contient d’immenses promesses. Cela suffit à Dieu.

Nous disions que Jésus avait inventé ces paraboles. En vérité, le prophète Ezéchiel, en première lecture y avait déjà pensé : la petite ramure qui deviendra un grand cèdre… Il nous faut apprendre le contexte de cette prophétie d’Ezéchiel : Israël venait de mener une grosse entreprise militaire, en s’associant aux chars et aux chevaux d’Egypte pour venir à bout de la puissance babylonienne. Or, ce fut un fiasco. Dieu n’a rien contre les entreprises humaines, mais il dit : vigilance ! Si vous désirez le bonheur et la vie, ne vous y trompez pas. Ce n’est pas la violence et les grands moyens qui mènera à la vie, mais plutôt une collaboration paisible à l’œuvre de Dieu.

Voici la belle leçon de ce dimanche. Apprendre ce que veut dire « vivre ». Repérer, en nous et autour de nous, ce qui va dans le sens de la croissance et la vie. Nous lever le matin pour y apporter notre contribution. Vous y retrouverez ce style de vie en relisant l’exhortation du Pape François, intitulée : «La joie et l’allégresse ». Tout y est dit sur la sainteté des petites choses et sur leur mystère de fécondité.

Le bien ne fait pas de bruit ! Le bruit ne fait pas de bien !

Le vert de l’ordinaire ! L’Espérance au quotidien. AMEN.

P. Patrice Marivin