5ème Dimanche de Pâques

Quelle belle image pour notre temps que la vigne de cet évangile !

Oui, comme nous aimerions nous retrouver entre amis au pied de cette belle vigne, sur un coteau ensoleillé, pour partager un bon verre de vin récolté avec amour (et avec modération..). Quel beau déconfinement ce serait !

Mais le symbole de la vigne est bien plus profond que cela. Dans l'histoire du peuple d'Israël, la vigne est toujours un don de Dieu. C'est le symbole de l'abondance, de la fête, des noces de Cana, du don de la vie, du vin eucharistique. Cette parabole de la vigne est d'ailleurs utilisée à de nombreuses reprises dans la bible par les prophètes  (Osée, Ézéchiel, Isaïe), et par Jésus lui-même.

En réalité, la ‘ vigne que nous sommes ’ est plantée et protégée par Dieu en pleine terre, nourrie de l'eau du ciel. Ce n'est pas le résultat du hasard et de la nécessité comme le prétendait un scientifique athée. Elle est voulue, désirée par Dieu. Dieu en prend soin comme un bon jardinier, afin qu’elle produise des fruits de justice, de sainteté. C'est l'image de la grâce de notre baptême qui fait renaître de l'eau et de l'esprit les terriens que nous sommes, les « terreux » comme Adam, et pour porter du fruit. Et Dieu ne nous abandonne pas : « et moi, dit Jésus, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin de temps ».

 La tentation du diable, à l’inverse, c'est de vouloir nous faire nous passer de Dieu. D’être comme Dieu mais sans Dieu. Rappelez-vous la Genèse. Satan dit à Adam et Eve : « Si vous mangez de ce fruit … vous serez comme des dieux ». Alors que Jésus nous propose d'être en effet, comme lui, mais avec lui. Satan nous incite à revendiquer une fausse liberté, à ne plus avoir besoin ni de père ni de Dieu, comme le fils prodigue. Et  « faire ce que je veux » comme disent les gosses, mais comme dit aussi l’homme moderne : je fais ce que je veux de mon corps, de mon argent, de la terre même que Dieu m’a donnée, et quel qu’en soit le résultat. Je n'ai pas besoin des conseils de Dieu ni de l’aide de Dieu : je fais ce que je veux. L'objectif de Satan c'est de nous débrancher de la vigne. Nous « débrancher », comme on le dit pour l'euthanasie. Satan est le champion de l'euthanasie. Mais pas simplement dans les cas extrêmes, au quotidien : prenons garde de ne pas nous faire débrancher un peu chaque jour. C'est la tentation de la chèvre de Monsieur Seguin de s'échapper de la maison où elle était en sécurité et bien soignée. Et on sait ce qui lui arrive : au petit matin, le loup l’a mangée. Mais se couper de la vigne, de la maison du Père, nous le savons, c'est marcher vers la misère et vers la mort, comme le fils prodigue. C'est nous ex- communier nous-mêmes. « Je me casse », aurait pu dire le fils prodigue dans un langage moderne. En réalité, je casse la branche qui me relie à la vigne. Nous sommes invités au contraire à vivre de la vie même de Dieu : la sève de la vigne c'est l'Esprit Saint, c’est l’eau et le sang qui coulent du cœur de Jésus et qui nous redonnent vie sans cesse. La sève de la vigne s'appelle aussi Miséricorde.

Car on peut toujours revenir dans la maison du Père, aussi loin soit-on. Dieu lui, est le Seigneur de la vie, le champion de la greffe par son cœur transpercé. Comme le dit le pape François dans sa lettre apostolique sur Saint Joseph  « Un cœur de père » : « Satan nous pousse à regarder notre fragilité avec un jugement négatif. Au contraire, l'Esprit la met en lumière avec tendresse. La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous. Le fait de ‘montrer du doigt’ et, le jugement que nous utilisons à l'encontre des autres sont souvent un signe de l’incapacité à accueillir en nous notre propre faiblesse notre propre fragilité. Seule la tendresse nous sauvera de l'œuvre de l'accusateur. »  

Le disciple, nous dit encore Jésus, doit en être purifié, émondé. C'est la rencontre de la croix dans notre vie. Elle est douloureuse, mais nécessaire. Pour autant, cette souffrance n'est pas un objectif en soi. Le but ultime est de porter du fruit, beaucoup de fruits. C'est cela qui fait la gloire du Père. Nous devons donc être émondés, et d'une certaine façon renoncer à nous-même, ou plus exactement à tout ce qui, en nous-même, ne vient pas de Dieu. Renoncer à nos mauvaises habitudes, à nos replis sur soi, et même à nos pensées quand elles ne sont pas celles de Dieu. Il arrive, par exemple, que nos convictions politiques l'emportent sur notre foi et sur l'enseignement de l'Eglise. Quand le pape François, par exemple, à la suite de tous les autres papes, prend la défense de la vie la plus fragile, il est parfaitement dans son rôle : « Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez ». Et quand il défend les migrants qui périssent en Méditerranée, certains applaudissent au nom des droits de l'homme, mais rejettent ses propos quand il s’inquiète des lois qui favorisent l'avortement et de l'euthanasie, estimant qu'il se mêle de ce qui ne le regarde pas et qu'il fait de la politique. Mais c'est parfois aussi l'inverse chez d’autres...

Nous devons donc nous laisser émonder par la Parole de Dieu et l’enseignement de l'église, même lorsqu' ils nous dérangent.

Pour porter du fruit, dit enfin Jésus, il faut demeurer en Lui. Demeurer c'est être fidèle, comme dans le mariage. C’est habiter dans la demeure de Dieu, dans la maison du Père. Mieux encore, c’est que Dieu lui-même demeure en nous. Que notre maison, notre cœur, deviennent la maison de Dieu, le royaume de Dieu. Qu'Il prenne toute la place : c'est cela la sainteté. « Si quelqu'un m’aime, dit Jésus, mon père l'aimera, nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure ». Le secret des disciples, c'est donc d'être à l'écoute de la parole de Dieu : « Vous voici purifiés par la parole que je vous ai dite » nous dit Jésus dans l'Évangile. Une parole accueillie jusque dans notre chair, méditée et vécue, comme chez Marie et Joseph.

En conclusion, demandons au Seigneur en ce temps pascal, de nous renouveler par le don de l'Esprit, dans la perspective de cette de Pentecôte qui s'approche, pour entrer dans une communion de plus en plus intime avec le Christ, avec nos frères, et pour porter du fruit en abondance, le fruit de l'amour. Amen, Alléluia !

Etienne ROGINSKI  - Diacre


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