La loi de bioéthique

Le retour, cette semaine, du projet de loi de bioéthique au Parlement a de quoi nous inquiéter, mais il ne doit pas nous décourager et encore moins nous démobiliser.

Je vous souhaite de lire les excellentes analyses des archevêques de Rennes et de Lyon. Je n'y reviens pas ici.

 Mentionnons la fascination pour la technologie. Éblouis par ce qu'elle permet de faire, nous ne voyons plus ce qu'elle induit.

Mentionnons encore la fascination de la toute-puissance de la liberté individuelle. Une liberté individuelle livrée à elle-même tombe dans le piège de la toute puissance, au détriment des autres, mais aussi de l'individu lui-même, comme le montre la multitude actuelle des addictions

Dans ce contexte, nous, chrétiens, nous avons un rôle important à jouer.

Laissons de côté la "science sans conscience", et faisons le choix d'une sobriété heureuse.

Notre vocation est de mettre l'amour là où il y a de la haine, l'union là où il y a de la discorde, la vérité là où il y a l'erreur (cf. la prière de Saint François).

Il nous faut mettre un peu de FRATERNITE (charité chrétienne) là où l'individualisme fait tant de ravages.

Et reprenons ici ce que dit Mgr de GERMAY : "Au-delà des mots, nous proclamons que le bonheur auquel nous aspirons ne se construira pas grâce à la toute puissance de nos libertés individuelles, mais en créant des liens et en nous aimant les uns les autres. Cette invitation à nous faire artisans de fraternité n'empêchent pas d'autres formes d'engagement plus politiques. Toujours avec patience et respect des personnes, il demeure nécessaire de faire entendre notre voix, de dialoguer, d'argumenter, de chercher à convaincre. On ne peut pas laisser partir à la dérive les fondements humanistes de notre pays au seul motif que ça se fait déjà à l'étranger. L'avenir de notre société mérite mieux que cela".

Et l'Archevêque de Lyon d'ajouter : "Et puis, encore et toujours, il faut prier. Prier et jeûner. Avec foi, entrons dans le combat de Dieu. Nous ne combattons pas en vue d'une victoire, mais à partir de la victoire déjà acquise par Jésus. C'est la vie et l'amour qui l'emporteront".

Chers paroissiens de la cathédrale, c'est aussi cela l'aubaine d'être né en ce temps ! La foi en Dieu implique la foi en l'aubaine d'être né dans un tel siècle et au milieu d'une telle perdition.

Elle commande une ESPERANCE qui dépasse toute nostalgie et toute utopie. Nous sommes là, c'est donc que le Créateur nous veut là.

Nous sommes en temps de misère, c'est donc le temps béni pour la miséricorde ! Il nous faut tenir notre poste et être certains que nous ne pouvions pas mieux tomber.

Père Patrice