En réponse à un point de vue peu amène paru dans Ouest-France - rubrique "Courrier des lecteurs"  du 9 juin 2021

Quelle était belle la ville de Vannes les 29 et 30 mai dernier, toute pavoisée aux couleurs du RCV ! Comment la cathédrale aurait-elle pu rester à l’écart de la fête, d’autant que dès le vendredi 28, deux joueurs du club avaient pris l’initiative de l’associer en accrochant au portail d’entrée la banderole du RCV. Et puis, faut-il le dire, certains paroissiens sont aussi des fervents supporters du club !

Fallait-il que l’église du cœur de ville reste en marge de la fête ? Certainement pas !

Et d’ailleurs le curé de la cathédrale ne s’est pas privé de faire de l’humour en reprenant à son compte le propos d’une jeune confirmée de la veille qui avait traduit le sigle du RCV en Résurrection, Confirmation, Vie avec le Christ !

La métaphore étant ainsi filée, le ton de l’homélie était donné. Loin de choquer cela a déclenché un bruissement de rires dans l’assemblée ….  

Le journal laisse entendre que le curé aurait invité à prier pour l’accession du club vannetais au « Top 14 ». C’est totalement faux. Aucun membre de l’assemblée, j’ai mené mon enquête, n’a entendu cela.

Les chrétiens ne sont pas naïfs, ils savent bien, par expérience, que Dieu n’est pas un magicien qui tire les ficelles en fonction de son humeur ; ils savent bien que les prières qu’ils adressent à Dieu sont un dialogue dans lequel leurs joies, leurs préoccupations et leurs peines sont entremêlées.
Il n’y a pas de cloison dans la vie, d’un côté la prière et de l’autre les activités professionnelles ou familiales. Tout est lié. Dieu accueille toutes nos demandes, toutes nos espérances, toutes nos émotions, toutes nos actions de grâce.

Le RCV a perdu lors de la demi-finale ce 30 mai parce que le meilleur a gagné. Bravo Biarritz !

Quid des espérances qui avaient été secrètement formulées par les vannetais ? Elles n’ont pas été vaines, car elles ont nourri la fraternité, la solidarité et la bienveillance.

Finalement, reconnaissons qu’à Vannes nous avons la chance d’avoir un curé heureux en toutes circonstances : à l’autel, aux périphéries et au stade ! Et comme il aime à le dire je concluerai en disant : « Gloire à Dieu, pieds sur terre et transformons l’essai ! »

Jeannine Antoine