Homélie du 26 mai 2022
Image : Ascension du Seigneur - @Evangile et Peinture

Homélie du 26 mai 2022

 Ascension du Seigneur

Où sont les morts de nos familles ? Où sont-ils allés ?

Si nous croyons à la résurrection du Christ, alors nous croyons aussi qu’ils sont dans la vie éternelle auprès de Dieu.

Chaque dimanche, à la messe, nous proclamons notre foi dans le Christ qui est monté au ciel et qui est assis à la droite du Père. Chaque dimanche, dans le Credo, nous faisons mémoire de l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ qui est comme le sommet de sa vie terrestre.

Si nous regardons d’abord le sens de cette fête, il est clair et évident que le jour de l’Ascension nous ne célébrons pas le Christ qui s’évade dans l’espace, qui s’éloignerait de nous. Aujourd’hui, nous fêtons le Christ qui quitte ce monde marqué par la mort, par la souffrance, par les limites, par la corruption de la chair, pour retourner  dans le monde de Dieu, un monde où on ne connait plus la mort, on ne connait plus la souffrance, on ne connaît plus ces limites liées à notre condition terrestre. Autrement dit, nous réalisons que le Christ ne s’éloigne pas de nous, mais qu’il est encore plus proche de nous. Parce que, s’il n’est plus dans ce monde limité par les contraintes du temps et de l’espace, cela veut dire que Jésus ne vit pas simplement à un moment donné, dans un lieu donné, c’est-à-dire en Terre Sainte il y a 2000 ans, mais Jésus est désormais accessible à tous et en tout temps. Jésus est accessible, est avec moi et chacun d’entre nous, chaque instant de notre vie, et pas simplement il y a 2000 ans.

                Mais si nous creusons encore davantage cette fête de l’Ascension, Jésus ne s’est pas contenté de revenir vers le Père pour être avec son Père, Jésus est retourné dans le monde de Dieu, avec son corps, pour retrouver la place qu’il avait dès le commencement du monde  comme l’écrit Saint jean dans son évangile « au début, il était et il a tout créé en lui.» De même qu’il est mort sur la croix en portant le péché de toute l’humanité, de même Jésus revient auprès de son Père avec son corps, en emmenant toute notre humanité. Jésus est en quelque sorte le premier de cordée. Si nous prenons l’image d’une ascension d’un sommet de montagne, il y a un chef de cordée et le reste de l’équipe suit encordée au chef de cordée. Jésus est ce chef de cordée qui est le premier à accéder au Père avec son corps, et nous, liés au Christ, liés les uns aux autres, par la foi, l’espérance et la charité, nous aussi, nous serons un jour auprès du Père avec notre corps. L’Ascension nous fait ainsi contempler ce mystère de la foi que nous proclamons chaque dimanche, le mystère de la résurrection de la chair. Nous aussi, notre âme goutera la joie du ciel, le bonheur éternel avec le Père, mais pas seulement avec notre âme, à la fin des temps (la Parousie), nous ressusciterons avec notre corps (glorieux) !

Le sens de l’Ascension, c’est tout simplement cette victoire définitive du Christ que nous contemplons. Oui, le Christ a quitté le sein du Père, le Christ s’est fait homme, le Christ a vécu nos joies, nos souffrances, a vécu en particulier la mort et aujourd’hui il remonte auprès du Père en nous emportant avec lui. Il nous invite à contempler les réalités d’en haut, à faire grandir notre foi dans cette vie éternelle qui nous est promise.

En contemplant les réalités d’en-haut, nous pourrions être tentés de nous évader, de nous soustraire à nos responsabilités dans ce monde. Rappelons-nous la parole des anges dans la première lecture : «Galiléens, qu’est-ce que vous faites encore à regarder vers le Ciel ? ». Nous sommes invités à ne pas fuir notre vie sur terre : ce n’est parce que notre regard est tourné vers le Ciel que nous ne sommes pas capables d’avoir les pieds ancrés sur cette terre.

 Notre espérance du Ciel a d’abord une conséquence sur notre façon de voir la vie et de la vivre. Pour schématiser, on pourrait considérer qu’il y a deux façons de voir l’être humain : soit l’être humain n’est que matière, c’est la vision matérialiste, et lorsque cette matière disparait au jour de notre mort, tout s’effondre. Avoir une telle vision de l’homme pousse aux excès d’aujourd’hui. Jouir de la vie : «buvons, mangeons, festoyons, profitons, consommons et puis ensuite disparaissons ». Nous, chrétiens, avons une autre vision. Elle est plus spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels. Si, au moment de notre mort, la matière de notre corps disparait, notre âme, elle, est immortelle et promise à la vie éternelle. Ca change tout ! Et surtout le but de notre vie. Nous sommes, sur terre, que de passage, en pèlerinage. Le but de notre vie est « en-Dieu », avec Dieu, dans le monde de Dieu.

Notre espérance du ciel nous aide aussi à regarder notre vie comme Dieu la voit, c’est-à-dire dans la durée. Toutes les contrariétés, les obstacles, les épreuves que nous vivons peuvent être surmontées en nous appuyant sur cette victoire du Christ sur le mal, la souffrance et la mort.

Cette semaine, j’ai eu l’occasion d’échanger avec plusieurs candidats aux législatives de notre circonscription. Et je les ai interpelés sur la future proposition de loi qui se propose d’autoriser l’euthanasie. Où est le problème pour certains d’entre eux dès lors que l’on considère que la vie n’est pas un don gratuit ? Autoriser l’euthanasie ce sera un signal négatif pour tous les soignants qui se dévouent auprès des personnes âgées et des personnes en soins palliatifs. Ce sera leur dire que ce qu’ils font n’a pas de valeur et n’a pas de sens. On voit bien aujourd’hui, que le matérialisme de notre société de consommation où tout s’achète et tout se vend, fait perdre le sens de la gratuité. La vie est malmenée,  violentée,  [pensons aux 19 enfants qu’un jeune de 18 ans a tué froidement cette semaine]. Il nous faut résister à la banalisation de la mort. Non ! la mort n’est pas RIEN. Voir les membres de nos familles, nos amis, mourir nous met dans la peine, mais notre espérance ne meure pas. L’Ascension que nous fêtons aujourd’hui nous dit que Dieu nous élève auprès de lui. Ne soyons pas abattus comme ceux qui n’ont pas d’espérance.

Soyons renouvelés dans cette espérance du CIEL et renouvelés aussi dans notre désir d’agir, dès ici et maintenant, en servant nos frères et sœurs en humanité… Gloire à Dieu, pieds sur terre. AMEN.  

Père Patrice Marivin

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