Homélie du 3 avril 2022

Homélie du 3 avril 2022

En ce dimanche où notre paroisse a la grande joie d’accueillir à la messe de 11 heures une soixantaine de jeunes qui se préparent au mariage, nous entendons l’Evangile dit «de la femme adultère » !

Pas facile de parler d'adultère devant des jeunes qui se préparent au mariage et qui vont se promettre fidélité « ad vitam aeternam », c’est-à-dire  jusqu’à la fin de leurs jours.

«Une pierre, deux coups !», si on peut dire… Les scribes et les pharisiens amènent une femme pour la lapider. Elle a été prise en flagrant délit d’adultère. Mais où est l’homme ? car un adultère ça se commet à deux ???

Mais cette femme n’est pas la cible principale. On ne lui parle pas, elle n’a pas de nom, elle est considérée comme un objet. Ce qui intéresse davantage les pharisiens, ce n’est pas l’adultère, c’est de piéger Jésus afin de le condamner. 

«Jésus enseigne» dit-on au début de l’Evangile.

La réponse de Jésus est en deux temps. Jésus ne réplique pas, il ne parle pas, mais ce sont ces gestes qui parlent, ses gestes et ses attitudes. Il est silencieux et il écrit sur la terre. Il montre ainsi qu’il refuse d’entrer dans le jeu de ses interlocuteurs. Il se penche, il s’abaisse, cet abaissement on le nomme la kenose du Fils de Dieu. Notons que, dans notre récit, par deux fois, Jésus s’abaisse et se redresse. Ce mouvement n’est pas sans rappeler la lettre aux Philippiens : «Devenu semblable aux hommes, il s’est abaissé lui-même devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ». Jésus s’est abaissé à notre condition d’homme pour nous amener avec lui, pour nous élever vers le Père.

Ensuite, s’étant abaissé, il écrit sur le sol. Lui qui n’a jamais publié un quelconque livre, ce que Jésus écrit, d’abord esquissé, puis définitif : c’est la Loi, la Loi nouvelle. On peut dire autrement, ce sont les dispositions de son cœur, qui sont des «pensées de paix et de miséricorde ». Et il les confie à la terre !

Et Jésus se relève, il se redresse : c’est le relèvement pascal, celui du matin de Pâques qui se figure ici à mots couverts, et il énonce l’alternative : «Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre ».

Et les accusateurs s’en vont ! Ils étaient dans le calcul, dans le but de le faire chuter, mais les voici ramenés à leur réel à eux. Ils reconnaissent qu’ils ne suivent pas totalement la loi, alors mieux vaut quitter le terrain et oublier la lapidation !

Et maintenant, après que l’écriture ait été confiée à la terre maternelle, nous entendons la parole paternelle, celui qui vient du ciel : «Femme, alors personne ne t’a condamnée ». «Va et désormais ne pèche plus ».

«Va » : c’est une parole de vie. Jésus remet la femme dans le mouvement de la vie et lui rend sa dignité. Jésus ne justifie pas le péché, loin de là, mais il accueille la pécheresse. Il n’est pas venu pour condamner mais pour sauver du péché. Il ouvre un chemin nouveau, comme l’annonce le prophète Isaïe : «ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà… Je vais passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides ».

«Va » : c’est le mot de la liberté retrouvée. Jésus ne nous identifie pas au mal que nous avons fait. «Dieu ne nous cloue pas à notre péché » dit le Pape François. Dieu veut nous libérer de ce qui nous entrave et il veut que nous le voulions nous aussi, car cette libération ne se fera pas sans nous.

«Va » : c’est un avenir qui s’ouvre. Jésus fait à la femme une route nouvelle, alors que sa route pouvait s’arrêter, à l’instant, sous les pierres. La femme expérimente le passage de la mort à la vie.

«Va » : «Lancé vers l’avant, je cours vers le but » écrit Saint Paul. Il ne s’agit pas de nier le passé avec ce que nous avons vécu de bon ou moins bon. Nous en gardons des traces, comme le Christ a gardé les traces de la Passion après la Résurrection. Si le passé nous marque, il ne nous enferme pas. Si des personnes proches ont eu des comportements regrettables dans le passé, elles valent plus que cela.

«Dieu ne jette pas la pierre, mais il tend la main » !

Chers jeunes, chers amis, chers paroissiens, gardons toujours à l’esprit que «Dieu ne jette pas la pierre, mais il tend la main » !

En ce temps de carême demandons-lui de nous relever de nos marécages, de nos abimes, de nos fautes et de nous attirer dans son admirable lumière.

Demandons lui aussi la grâce de ne pas accuser sans preuves, de savoir rester sobre dans nos paroles, dans nos écrits sur les réseaux sociaux, où parfois le lynchage est proche de la lapidation.

Oui, demandons à Jésus de guérir nos cœurs par son abaissement.

Miséricorde et misère. Dieu prend nos misères pour les plonger dans sa miséricorde. Amen

P. Patrice Marivin

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