Homélie du 27 mars 2022

Homélie du 27 mars 2022

Aujourd’hui, 4ème Dimanche de Carême, c’est le dimanche de la Joie (Laetare : «  Réjouis-toi  Jérusalem »). Vendredi nous avons fêté l’Annonciation. Or l’un des très beaux noms attribués à la Vierge Marie, est : « Causa nostra Laetitia » : la cause de notre joie !

Et comme Marie nous conduit toujours vers Jésus, nous savons que c’est Lui, Jésus, qui est la cause de notre joie la plus grande, celle du matin de pâques ! La cause ultime de notre joie, c’est le Christ ressuscité !

Du coup, vous avez remarqué que les habits liturgiques se sont teintés de rose ? C’est la lumière de paques qui vient déjà éclaircir le violet du carême. C’est cette lumière que nous entrapercevons  du côté du Soleil levant, à l’Est, où sont « orientées » nos églises !   la lumière du  Christ ressuscité !

A l’inverse, lorsque nous sommes loin de Dieu, comme le fils prodigue, nous sommes perdus, « dé-s-orientés ».

Seuls les veilleurs de la nuit, avec les malades dans les hôpitaux, attendent cette première lueur du jour.  Pour vivre de la joie de l’évangile, il faut être de ces veilleurs,  qui espèrent avec Marie, et qui guettent les signes d’un jour nouveau …

Nous venons donc d’entendre la parabole du fils prodigue, illustré par ce très beau tableau de Rembrandt. « Un homme avait deux fils »… Ça ne vous rappelle rien ? Deux fils différents et par moment étrangers l’un à l’autre…. C’est une histoire vieille comme le monde : celle d’Abel et Caïn, de Jacob et Esaü,  et aujourd’hui  de la Russie et l’Ukraine.

Le fils prodigue réclame les biens de son père, comme un dû, et il s’en va. En anticipant sur son héritage, Il se comporte pratiquement comme si son père était déjà mort ! Je fais ce que je veux, je n’ai pas besoin de toi !

C’est exactement le péché originel : vouloir se saisir du don de Dieu,  prendre et non recevoir, et sans dépendre de Dieu, en excluant Dieu de sa vie. Or Dieu veut tout donner : « Tout ce qui est à moi  est à toi » dit le père. Et il lui aurait donné en temps voulu !  

Voyez où cela mène l’homme: L’abondance se transforme en misère, l’indépendance en servitude, la dignité en déshonneur, la communion en solitude.

Dans ce tableau de Rembrandt, cette dégradation du fils prodigue est très bien exprimée, avec ses haillons de mendiant et sa nuque de bagnard. Le père, lui,  a le regard presque aveugle à force  d’avoir si longtemps scruté l’horizon en espérant le retour de son fils. Ses deux mains sont différentes, l’une forte et massive, et l’autre fine et douce, comme la main d’un père et d’une mère, image de Dieu Père au cœur de mère : « Mes entrailles ont frémi » devant la misère de mon Peuple !

C’est cette déchéance de l’homme qui veut vivre loin de Dieu que le Pape François a exprimé vendredi dans sa très belle prière de consécration de l’Ukraine et de la Russie :

Nous avons préféré ignorer Dieu, vivre avec nos faussetés, nourrir l’agressivité, supprimer des vies et accumuler des armes, en oubliant que nous sommes les gardiens de notre prochain et de la maison commune. Nous avons mutilé par la guerre le jardin de la Terre, nous avons blessé par le péché le cœur de notre Père qui nous veut frères et sœurs.

 Nous sommes devenus indifférents à tous et à tout, sauf à nous-mêmes. Et avec honte nous disons : pardonne-nous, Seigneur ! »

Le retour vers le père ne sera possible que, lorsque le fils « rentre en lui-même ». Par le recueillement, en quelque sorte. En se mettant à l’écoute de son cœur profond, là où l’Esprit Saint, reste toujours présent, même voilé.

Le frère ainé, sous une apparence d’obéissance, ne vaut guère mieux. Il a de la rancœur envers son père : «  moi qui suis à ton service de puis si longtemps, tu ne m’as jamais rien donné ».  Il méconnait son père et ne croit pas à son amour pour lui .

Et il refuse de reconnaitre aussi son frère quand il revient : il n’est  plus « son « frère, mais « ton fils », comme un étranger.

Le père miséricordieux, Lui, à l’image de Dieu, prend le risque de donner sa liberté à son fils.  Et il a déjà par avance accordé son pardon. A peine son fils est-il de retour à la maison, qu’il court vers lui, qu’il le prend dans ses bras  et qu’il l’embrasse. A peine sa faute avouée, il le restaure dans sa dignité de fils, en lui remettant la robe blanche de la fête et  l’anneau de l’héritier. Image du sacrement de réconciliation où le pardon nous est déjà accordé, et où nous sommes restaurés dans notre dignité originelle d’enfant de Dieu et de baptisé.

C’est cela même que le Pape François rappelait vendredi, dans sa prière : « Mère sainte, tu nous rappelles que Dieu ne nous abandonne pas et qu’il continue à nous regarder avec Amour, désireux de nous pardonner et de nous relever.

La Miséricorde de Dieu, c’est déjà une manifestation de la toute-puissance de la résurrection dans laquelle Jésus nous entraine : « Mon Fils que voilà était mort et il est revenu à la vie » !

ET le festin qu’il donne en l’honneur de son fils retrouvé, c’est aussi le symbole de l’eucharistie et du banquet des noces éternelles.

C’est aussi ce qui vous est proposé, Bleuenn et Céline, vous qui vous préparez au baptême :

  • De vous tourner vers la lumière du Christ
  • D’être revêtues du vêtement blanc de la vie nouvelle
  • De recevoir la force de l’Esprit Saint pour avancer sur votre chemin vers le Père
  • De participer avec vos frères et sœurs, ici présents, au repas des noces de l’Agneau

Et Jésus, quel est sa place dans cet évangile ? Et bien Jésus est le frère aîné, naturellement (l’aîné d’une multitude de frères),  mais celui qui dit : Père, avec ta bénédiction, moi, le petit, je vais aller le chercher et te le ramener (comme dans la parole de la brebis perdue).

Belle histoire, n’est-ce pas ? Magnifique ! Mais qui n’aurait pas de sens si elle ne nous concernait pas. Et les questions que nous pose cet évangile aujourd’hui sont : Et moi,

  • Est-ce que je sais encore, comme le fils prodigue, reconnaître mon péché et demander le pardon de Dieu avec un grand désir ?
  • Est-ce que je sais encore, avec les nouveaux baptisés, accueillir la joie de Pâques,
  • Est-ce que je sais, avec Jésus, aller sur les chemins du monde, à la rencontre des enfants désorientés qui cherchent Dieu ?

C’est à chacun de nous que cette question est posée, dans le temps qu’il nous reste... Joyeux carême ! Bon chemin vers Pâques !

Etienne ROGINSKI - Diacre

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