1ère Homélie du 1er dimanche de carême

Chers amis, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : c’est le carême ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Jésus lui-même qui prononce cette parole à la fin de l’évangile : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile », c’est-à-dire à la Bonne Nouvelle !

Jésus va d’abord au désert pour se « ressourcer » à l’amour du Père, par ce lien d’amour qui les unit et qui est l’Esprit Saint. C’est un temps de communion Trinitaire. Jésus se nourrit de cette parole reçue quelques  jours auparavant, à son baptême, et que nous avons reçue à notre tour : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour, en lui je trouve ma joie ». C’est un temps de communion intense, dépouillé de toute autre préoccupation. Un peu comme dans un couple qui prend du temps en laissant de côté ses soucis, le travail, les copains, et même pour un temps les enfants eux-mêmes, simplement pour se redire son amour, seuls et face à face.

Mais le désert est aussi le lieu du combat avec Satan, le diable ( « diabolos », en grec, c’est-à-dire  celui qui divise). Il veut faire en sorte que nous soyons divisés en nous même, dans nos couples, nos familles et même dans l’humanité toute entière, jusqu’à se faire la guerre. Alors que Dieu ne désire que notre unité, avec Lui, en Lui, et avec l’humanité toute entière rassemblée dans sa maison.

Satan suggère en fait à Jésus de prendre la place du Père, en prétendant lui offrir  « tous les royaumes du monde avec leur gloire ». C’est la même tentation depuis le péché originel, celle que Satan fit à Adam et Eve en leur tendant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.  Alors, dit-il, « Vous serez comme des dieux » ! C’est la même tentation qui guette particulièrement notre monde contemporain, en  accumulant les richesses jusqu’à mettre sa propre existence en danger.

En réalité, c’est Satan lui-même qui rêve, comme l’homme parfois, de prendre la place de Dieu.

Dans cet affrontement au désert, Satan se prend une raclée et n’y reviendra pas de sitôt. Il ne reviendra  affronter Jésus qu’au moment où celui-ci sera le plus affaibli, au mont d’oliviers. Ce sera la tentation ultime de Jésus du découragement, « que cette coupe s’éloigne de lui ». Mais c’est la victoire ultime de Jésus aussi, ce jour-là, la victoire définitive de l’amour sur la mort.

Avez-vous remarqué que Jésus était seul  au désert, dans cet évangile ? Alors, qui a pu en faire le récit ? Eh bien, c’est Jésus lui-même, pour nous avertir. La vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille ! C’est un combat permanent, un combat intérieur contre nous même en tout premier lieu. Mais nous sommes aussi armés pour ce combat, par notre baptême, avec « le bouclier de la foi et le glaive du salut ».

Nous sommes donc invités à la conversion par Jésus lui-même : « Convertis-toi et crois à l’Evangile », comme il nous était rappelé  ce Mercredi  avec l’imposition des cendres.

Mais nous sommes aussi invités à demander à Dieu de nous guérir. C’est le Pape François qui nous y invitait dans son homélie du Mercredi des Cendres : «  Nous avons besoin de la guérison de Jésus, il nous faut mettre devant lui nos blessures et lui dire : “Jésus, je suis ici devant toi, avec mon péché, avec mes misères. Tu es le médecin, tu peux me libérer. Guéris mon cœur. Guéris ma lèpre”.

Pour essayer d’être plus concret, il me semble que nous sommes invités particulièrement  aujourd’hui à deux conversions :

La première, la « conversion écologique », comme le dit encore le Pape François. Et ce n’est pas une nouveauté. Dès la genèse, dans la première lecture  que nous venons d’entre, Dieu dit:  « Voici que moi, j'établis mon alliance avec vous, avec tous vos descendants, et avec tous les êtres vivants qui sont autour de vous ». L’alliance de Dieu de se limite pas à l’homme mais à toute la création qu’Il lui a confié. Et qu’en avons-nous fait ? Un dépotoir encombré de déchets qui nous rendent malades ! Nous sommes donc invités,  à l’image de Saint François d’Assise et de Saint Joseph, à une sobriété  heureuse, à une conversion personnelle et communautaire dans tous les domaines, qui puisse nous faire passer de l’orgueil  d’une culture de la domination technologique à celle de l’action de grâce, de  l’humilité et du partage devant l’œuvre de Dieu.

La deuxième conversion,  peut-être pour notre paroisse, serait celle de « la fraternité  joyeuse ». Comme dans une famille, nous ne nous sommes pas choisis. Mais nous ne pouvons pas être étrangers les uns pour le autres.  Prenons le temps de nous accueillir, de faire connaissance, de nous soutenir.  « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, que l’on verra que vous êtes mes disciples », dit Jésus (Jean 13; 35).

Frères et sœurs, que faites-vous dans les 40 jours à venir ? Voulez- vous  allez au désert avec Jésus, pour entrer plus intimement dans cette communion trinitaire de l’amour ?

Si  vous souhaitez répondre à cet appel, je vous invite à chanter avec moi cette très belle prière de Charles de Foucaud :

«  Mon Père, mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Car tu es mon Père, je m’abandonne à toi, Car tu es mon Père, je me confie en toi. »

Joyeux carême !

Etienne  ROGINSKI - Diacre

2ème homélie - uniquement messe de 11 heures

Depuis mercredi dernier, nous voici en route vers Pâques !

Le Carême, en tant que période de préparation à la joie pascale, remonte au 4ème siècle et fut institué pour répondre à deux objectifs : préparer les adultes à la réception du sacrement du baptême et permettre aux chrétiens de renouveler la ferveur de leur propre engagement à la suite du Christ.

Et ce matin, 2 adultes de notre paroisse, Nathalie 47 ans et Maksim 33 ans, qui seront baptisés durant la Veillée pascale, vivent actuellement leur appel décisif par l’évêque en l’église d’ARRADON. Nous prions pour eux.

Et ce matin, nous baptisons la petite Céleste, un an jour pour jour après le mariage de ses parents dans le diocèse de LIMOGES.

En matin, aussi parmi nous, jeunes ou moins jeunes présents à notre assemblée, célébrent le 1er anniversaire du décès de leur ami ou membre de leur famille.

A vous chers parents, qui baptisez votre enfant :

  • entendez saint Pierre Apôtre nous dire et vous dire : «le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection du Christ ».
  • et méditez sur le Christ, qui, durant 40 jours, reste au désert et est tenté par Satan.

Le désert, ce lieu aride et sec. Le désert, c’est le temps de l’épreuve et de la tentation. Mais, c’est aussi le lieu qui permet la rencontre du Dieu vivant, le cœur à cœur avec lui.

Jésus lutte contre Satan qui est celui qui divise, qui ment, qui veut la mort de l’homme.

Pour lui résister, il faut se détourner de soi et des multiples oppressions nous paralysent, pour se tourner vers Dieu, vers celui de qui vient toute vie, toute douceur et tout vrai bonheur.

Joie du baptême de votre enfant, chers parents. Joie de votre engagement.

Joie de renoncer au mal, joie de vivre et d’assumer le «combat spirituel » pour «plonger » votre petite Céleste dans les « eaux de la mort et la résurrection » du Christ ! Choisir la Vie pour que Céleste devienne enfant de Dieu, sœur du Christ, dans la joie de l’Esprit et entre dans la belle communauté des chrétiens.

A vous chers jeunes, chers parents, chères familles qui avez perdu un proche il y a 1 an. Vous avez entendu la première lecture. Le Seigneur dit : «Je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre ».

L’arc-en-ciel, parce qu’il relie le ciel et la terre, parce qu’il relie les hommes entre eux, parce qu’il est le signe que l’eau bienfaisante qui tombe du ciel féconde la terre et que le soleil vient la réchauffer et l’illuminer. Oui, c’est un beau symbole au début de ce temps du Carême qui va nous relier dès aujourd’hui à la nuit de Pâques, à la résurrection et à la vie éternelle où demeurent ceux qui se sont endormis dans la mort.

Ceux qui nous ont quittés nous manquent. Et il faut du temps (40 ans – 40 jours) pour passer des ténèbres à la Lumière ! Mais nous croyons et nous espérons que ceux qui ont quittés, sont, près de Dieu, dans la Lumière Éternelle et que leur âme repose en paix. C’est notre Espérance de Chrétiens.

Enfin, à vous tous, comprenez que Jésus, après ses 40 jours au désert d’où il est sorti victorieux, est parti proclamer l’Evangile : «Les temps sont accomplis. Le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ».

Le Carême, c’est le temps favorable pour se convertir, se retourner. Changer d’esprit et de mentalité. Changer de direction, de manière de regarder et d’aimer. Changer de vie. Pour se laisser diriger par l’Esprit de Dieu.

Durant ce temps vers Pâques, chacun de nous peut discerner et trouver une «chose » pour mieux vivre, pour mieux aimer, pour mieux prier. Signe de la mouvance de l’Esprit.

«Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ». AMEN.

P. Patrice Marivin