Chers Frères et sœurs,

« Un homme avait deux fils ». Cet évangile ne vous en rappelle t’il  pas un autre ? Celui bien sûr de l'évangile du fils prodigue. Avec un fils qui dit oui, au moins en apparence, et l'autre qui dit non ; mais la miséricorde du Seigneur n'a pas dit son dernier mot ; n'a jamais dit son dernier mot

C’est à nouveau une histoire de vigne. Rappelez-vous, dimanche dernier, le maître de la moisson envoyait des ouvriers à sa vigne. C’est ce que nous avons vécu ensemble, cet envoi dans ce dimanche de rentrée paroissiale qui s'est prolongé par une belle rencontre l'après-midi. C'est la première fois que j’y participais, et si vous n’avez pas eu de cette occasion, je vous invite l'année prochaine à ne pas le manquer : belle fête, belle rencontre.

Mais dans l'évangile d'aujourd'hui, une différence importante : ce ne sont pas des ouvriers mais des fils qui sont envoyés par le Père à la vigne. C’est d’ailleurs le cœur de l'Évangile que Jésus vient nous révéler : nous ne sommes pas simplement serviteurs de Dieu mais amis, et plus que cela encore fille et fils de Dieu. Et il est lui-même l’incarnation de la parole qu'il annonce : il est le fils bien-aimé du Père et il est celui qui fait la volonté du Père quoi qu'il lui en coûte. Les ouvriers, eux,  reçoivent un salaire : cela juste,  les fils non. Même si le fils aîné s’en plaint en disant : « Tu ne m’a jamais donné un chevreau pour faire la fête avec mes amis ». Leur récompense, celle qui est promise, frères et sœurs, est bien plus grande : c'est tout simplement d'habiter dans la maison du Père, d'être assis au banquet des noces éternelles, là où le père veut réunir tous ses enfants dispersés. Y a-t-il de plus grande joie sur la terre comme au ciel ?

Alors on pourrait faire une lecture historique de cet évangile : Jésus s'adresse aux pharisiens et en effet les pharisiens sont ceux qui ont dit oui en apparence, en observant strictement les commandements, mais qui ont dit non lorsque Jean-Baptiste annonce la venue du Sauveur et le désigne : «  Voici l'Agneau de Dieu ». Les parisiens refusent de croire celui qui est l'envoyé du Père,  le Fils unique; alors que les prostituées, qui ont d’abord dit non à Dieu par le péché, se convertissent lorsque Jean-Baptiste annonce le Christ, et comme la femme pécheresse, viennent de ses larmes laver les pieds de Jésus. 

Mais nous pourrions dire que cette parole s'adresse aux pharisiens, il y a bien longtemps. En quoi cela nous concerne t-il ? Et bien précisément, comme Jésus à la synagogue, c’est toujours aujourd'hui que s'accomplit la Parole de Dieu. Cet évangile est une nouvelle fois un appel à la conversion, la conversion permanente qui est le chemin de la sainteté. Et  le chemin de conversion est en réalité un chemin d'abaissement. Alors que le monde nous parle de croissance, de progrès, de domination, la foi est un chemin d'abaissement, dans le sens d'une nouvelle naissance. Rappelez-vous Zachée. «  Zachée, descends de ton arbre. Aujourd'hui il me faut demeurer chez toi ». Et il faut à Zachée descendre en lui-même, au plus profond, peut-être même jusque dans ses obscurités pour laisser entrer la lumière de Dieu tout grande. L’église de la Nativité à Bethléem a une particularité : sa porte d'entrée est tout basse. On ne peut y entrer sans fléchir, sans s'abaisser. Pour renaître de l'Esprit, il faut en effet redevenir comme un petit enfant. Se faire petit, c’est ce que Jésus lui-même a vécu en étant le plus petit parmi tous comme nous l'avons entendu dans la deuxième lecture : « Lui, de condition divine, n'a pas revendiqué le rang qu’il l’égalait à Dieu,  mais il s’est abaissé et  jusqu'à la mort même ».

Un homme a entendu cet appel. Un  homme aujourd'hui béatifié : Frédéric Ozanam, le fondateur des conférences Saint-Vincent de Paul. Il a été frappé par la discordance, chez beaucoup de chrétiens qui affichaient leur appartenance à l’église et le durcissement de leur cœur voire même leur aveuglement devant la misère croissante de son temps. Et c'est ce qui a provoqué son engagement radical et la fondation de la conférence Saint-Vincent-de-Paul que nous accueillons aujourd'hui. Le remède qu'il a trouvé pour lui-même, pour passer des paroles à l'acte, c'est celui de la rencontre avec une pauvre femme dans la rue. Et c'est en allant lui parler, en lui offrant tout simplement un café,  et en voyant son étonnement devant cette marque d'attention qu’il a compris combien la rencontre de l'autre, en faisant le chemin de l'abaissement est un chemin de partage et de joie. Il disait : « La difficulté capitale d’une ère nouvelle, c'est de trouver des hommes nouveaux ». C’est d'aller à la rencontre de l'autre pour découvrir sa pauvreté en même temps que la mienne, car ma pauvreté c'est que je ne sais pas aimer. Et de passer de la reconnaissance de sa pauvreté à la joie du partage, chers amis qui vous préparez au mariage, c’est faire l’expérience que le mariage c’est d'être deux pauvres qui s'aiment. Et j’ai été heureux de découvrir que Frédéric Ozanam était un grand amoureux : il offrait des fleurs à sa femme non seulement le jour anniversaire de leur mariage, mais chaque mois au jour anniversaire de sa bien-aimée ! Et c'est lui qui disait, en parlant du mariage mais en même temps  de l'amour de Dieu : « le bonheur dans le présent c'est tout simplement l'éternité » !

Alors, frères et sœurs, en ce jour de fête comme le disait le père MARIVIN dans son introduction,  en ce jour consacré au Seigneur,  jour de joie car nous passons  de la tristesse du péché,  du renfermement sur nous-mêmes à cette joie de la rencontre, le Seigneur  vient nous donner à boire un vin nouveau,  le vin des noces,  le vin des noces  éternelles, le vin de l'amitié avec Dieu, le vin de la fraternité. Alors oui, c’est une vie nouvelle dans  la vigne du Seigneur à laquelle nous sommes envoyés, et qui est Jésus lui-même. Venons boire, nous qui avons soif,  pour rentrer dès à présent, en ayant goûté au vin des noces de l'Agneau,  dans la joie des noces éternelles. Amen. Alléluia !

Etienne ROGINSKI - Diacre


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