19è dimanche du temps ordinaire - A

Se jeter à l'eau... Plongeon qui fait du bien en cette période de canicule, plongeon qui nous rafraichit, qui nous vivifie, qui nous lave, plongeon qui nous rappelle le bain de renaissance au jour de notre baptême...

Et Pierre qui se jette à l'eau... alors que la tempête s’approche … qu'est-ce qui lui prend ? Parce qu’il croit voir Jésus marcher sur l’eau, il perd toute prudence. Pourquoi n'est-il pas resté tranquillement à attendre ?

On peut sourire de cette audace fugitive de Pierre, puisque à peine a-t-il posé les pieds sur l'eau que la peur le saisit et qu’il commence à couler...

C'est la foi au Christ qui pousse Pierre à rejoindre celui qu’il voit marcher sur l’eau, mais cette foi est naissante, balbutiante, hésitante.... Est-ce bien lui ? N’est-ce pas un fantôme,  une illusion ?   Aussi sa foi a-t-elle flanché sous les assauts de la bourrasque ... du doute …. du soupçon ….

Premier enseignement pour nous qui commençons ensemble notre semaine missionnaire !

  • Croire ne consiste pas à rester assis sur la plage à réciter de temps à autre, sans bouger ni se mouiller, quelques idées sur Dieu ;
  • Croire aujourd’hui, c’est faire un pas, se jeter à l'eau, s'avancer en eau profonde pour rejoindre Jésus dans la dynamique de sa résurrection.

La foi n'est pas un simple sentiment, une opinion purement intérieure qui devrait rester immobile ; elle est un engagement réel et concret du cœur et de toute la personne à suivre les traces aquatiques, apparemment très instables, de Jésus. Qui ne fait pas cette expérience de Pierre, qui préfère rester dans la barque avec les autres disciples apeurés, se condamne à l'immobilité, à la stérilité et à l'atrophie de la foi. Si Jésus a traversé pour nous les eaux de la mort,  nous devons à notre tour nous jeter à l'eau dans la foi pour le suivre, tous et chacun, dans sa Pâque.

Se jeter à l'eau dans la foi, c'est n'est pas réservé à Pierre, aux apôtres, aux prêtres ou aux religieux. C'est l'affaire de tous les croyants. Se jeter à l'eau, c'est évidemment prendre le risque du don, du pardon, du partage, de l'accueil, de l'humilité ... C’est prendre le risque de se trouver engloutis par les flots...

Voilà le second enseignement de Jésus en ce jour... Nous n'appartenons vraiment à l'Eglise, nous n'avançons avec elle vers la vie éternelle, que si, après nous être jetés à l'eau pour suivre le Christ, nous nous laissons ramener dans la barque par la main de Jésus, comme Pierre.

Être dans l'Eglise, croyant et baptisé, disciples-missionnaires, ce n'est pas rester  peureusement au fond de la barque à attendre l'arrivée à bon port ; c'est pour chacun d'entre nous, se jeter dans les flots de ce monde afin que Jésus lui-même nous saisisse et nous ramène dans la barque et qu'ainsi nous avancions, ensemble, ver le port du salut, avec le Christ, dans la victoire des forces adverses.

Soyons-en certain : la vitalité de l'Eglise, sa capacité à avancer, à résister aux bourrasques internes ou mondaines, dépend directement de chacun d’entre nous. Mais à condition d’oser se jeter à l'eau, d’aller vers le Seigneur en le cherchant dans la prière, de donner et de pardonner, de croire effectivement et réellement au Christ pour le rejoindre dans son offrande d'amour pour tous les hommes.

Reposons-nous la question :

Pourquoi a-t-il donc fallu que Pierre se jette à l'eau, qu'il coule et qu’il crie vers le Seigneur, sinon pour qu'enfin Jésus  monte dans la barque pour la ramener à bon port ? Est-ce qu'il n'aurait pas été plus simple que Jésus monte directement dans la barque et prenne le gouvernail  ?

Je pense que le Christ, une fois encore, a voulu nous enseigner que le moteur principal de la vie chrétienne, c'est l'accueil de la miséricorde Dieu. La foi de Pierre n'est devenue forte qu'à travers l'expérience de sa propre faiblesse, lorsque perdant pied, il crie "Seigneur, sauve-moi".

«C'est dans la faiblesse que ma force se déploie » dit le Seigneur à St Paul qui ajoute « c’est  lorsque je suis faible que je suis fort »

Voilà. A l'aube de ce festival missionnaire, un appel pressant nous est donné. Être et devenir d'authentiques navigateurs de la foi. Non pas des capitaines de pédalos qui végètent sur un étang vaseux, non pas de présomptueux aventuriers qui prétendent affronter en solitaire les quarantièmes rugissants, mais des matelots de la barque du Christ qui apprennent à se jeter à l'eau vers Jésus, dans la foi, pour mieux se laisser remonter dans la barque sous la ferme main de la miséricorde du Christ. Et c'est ainsi que notre paroisse se renouvellera, s'embellira, pourra croître et avancera vers le port de la vie éternelle. AMEN.

P. Patrice Marivin


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