Fête du Saint Sacrement

Mes amis, quand on repense à ces derniers mois, à ces semaines écoulées qui sont maintenant dernière nous, je crois que l’on peut dire que notre vie chrétienne a été quelque peu bouleversée. Entre liturgies confinées, messes télévisées et communions spirituelles, notre pratique religieuse a connu des changements inédits qui ne manquent pas de susciter quelques questions.

L'écran, qu'il soit d'ordinateur, de téléphone, de tablette ou de télévision, a été omniprésent ! Toute la vie spirituelle de l'immense majorité des chrétiens du monde est passée par sa médiation.

Aujourd’hui, et Dieu soit loué, ce phénomène s’amoindrit à mesure où chacun retrouve le chemin de l'Eglise et de la communauté, et il est heureux que nous soyons ici ce matin. L’écran reste « utile » pour certains, spécialement pour les personnes malades ou vulnérables qui sont encore confinées chez elles

Première bonne nouvelle ce matin :  à la lumière de cette fête que l'Eglise nous propose, la fête du Saint Sacrement,   il y a un unique médiateur entre Dieu et les hommes, et c’est Jésus-Christ. En célébrant cette fête, la Fête-Dieu,  en nous émerveillant de la PRESENCE réelle de notre Seigneur Jésus-Christ, nous savourons la joie des retrouvailles,  la joie de vivre en communauté, de former le Corps du Christ qu’est l’Eglise, de recevoir le Pain de Vie, présence réelle de Jésus dans sa Parole et dans son Pain.

Si l'outil numérique a permis de maintenir vivant le lien de notre paroisse et des communautés paroissiales, il nous est bon de réentendre que RIEN, Rien ne peut remplacer le rassemblement physique des chrétiens pour la célébration de la messe. Alors, même si saint Jean affirme que « la chair ne sert de rien, parce que c'est l'Esprit qui vivifie » (Jn 6,63), la chair ne saurait ici  être disqualifiée pour autant, car « le Verbe lui-même s'est fait chair pour habiter parmi nous ». Vous savez comme moi que la caractéristique du christianisme en général et de sa liturgie en particulier, est qu’ils ne peuvent être vécus par écrans interposés.

Dans la seconde lecture, l'argument de Paul est clair et simple : un seul pain, un seul corps.

Partager l'eucharistie, communier, ce n'est pas un acte individuel, une dévotion personnelle et encore moins individualiste. Il faut que notre communion au corps et au sang du Christ fasse de nous un seul "CORPS", une seule Eglise, et nous pousse à partager le pain, à prendre soin de la table commune de toute l'humanité.

Hier en soirée, le Pape François rappelait, en méditant la Parole de Dieu de ce dimanche,  l'éminence de la Table pour les  plus pauvres, les plus précaires.

J’ai vécu  une expérience un peu décapante, jeudi midi, lorsque me retrouvant à Marseille dans les quartiers populaires avec une quarantaine de jeunes du Centre Bernadette, venus là pour un an au service de Dieu et  au service de leurs frères,  je me suis retrouvé, presque malgré moi, poussé par l’Esprit, poussé par 2 jeunes d’une vingtaine d’années, à déjeuner sous les ponts, en bordure du périph marseillais, au milieu de canettes de bières avec deux jeunes migrants et ces deux jeunes missionnaires.

Décapement de la Parole, décapement du Pain rompu pour un monde nouveau, du pain partagé de la table des pauvres, des pauvres de l’éternité.

Un deuxième point que j'aimerais évoquer avec vous ce matin, c'est la notion de communion spirituelle dont il a beaucoup été question durant le confinement. Beaucoup parmi nous ont sûrement apprécié l'Acte de Communion spirituelle rédigé et médité par notre évêque, Mgr Centène.  

Cette forme de communion a été recommandée par plusieurs documents du magistère récent, rédigés tant par le pape Benoit, Jean-Paul II avant, ou par François. Toutefois, bien des ambiguïtés demeurent dans l'usage de cette expression, avec une tendance à trop distinguer, voire opposer, la communion eucharistique et la communion spirituelle. Trop souvent, la communion spirituelle est présentée comme une sorte de substitut à la communion eucharistique. Or, l'une et l'autre sont intrinsèquement liées :

  • • Dans communion sacramentelle on reçoit le Corps eucharistique du Christ
  • • Dans la communion spirituelle, on a le désir d’être intimement lié au Christ.

Communion de désir. Sans vouloir jouer sur les mots, on peut dire que la communion spirituelle, n'est pas une communion « virtuelle » mais plutôt un vrai désir de recevoir le Christ sacramentellement.

Et bonne nouvelle, nous y sommes ! Nous voilà !

Cette fête d'aujourd'hui doit raviver en nous le désir de communier, de recevoir Dieu, pour « demeurer en lui et lui avec nous ».

J’aimerai me rappeler et vous rappeler ce que signifie célébrer l’eucharistie.

  • • A chaque messe, nous célébrons le sacrifice du Christ et sa victoire sur la mort et sur le péché.
  • • A chaque Eucharistie rendons grâce à Dieu qui ne cesse de nous combler de ses bienfaits. La Parole faite chair se fait pain : génie de l'amour et mystère de la foi. Le Christ accomplit ce que la manne préfigurait dans l’Ancien testament, dans la 1ère Alliance.

Voilà le don de Dieu à son peuple, celui d'une nourriture qui vient apaiser nos faims de toutes sortes, nous qui sommes des pauvres affamés d'amour :  faim d'être reconnu et apprécié, faim d'absolu.

 « Je suis le pain vivant descendu du ciel ». Dieu à travers Jésus descend dans nos vies, vient nous nourrir, vient nous apaiser. Présence réelle, profondeur et nouveauté de cette union de Dieu, que Jésus rend possible.

Alors, dernière question :

Où en sommes-nous réellement de notre foi en la Présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Et où en sommes de notre manière de célébrer l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne comme le dit si bien le saint concile Vatican II ?

Reconnaissons que trop souvent nous entrons dans l'eucharistie sans transition et sans préparation ! Parfois même on arrive au Gloria, à la 1è lecture  …. Quand nous sommes invités nous mettons peut-être la plus belle des tenues ... et nous disposons notre cœur notre esprit et nous essayons d’être à l’heure comme des amis qui rencontrent un ami.

  •  Interrogeons-nous sur notre manière de venir à la messe, sur notre manière de nous y préparer le cœur et l'esprit.
  •  Interrogeons nous sur la pratique de la miséricorde de Dieu qui nous prépare à recevoir l’excellence de la Misaricorde :  l'eucharistie,  en fréquentant le salon de beauté de l'Eglise catholique. Il paraît que la loi de l’Eglise parle d’une confession" obligatoire" pour pouvoir communier. Mais sommes-nous dans la loi,  ou voulons-nous vivre de l'esprit et de l’Esprit de Dieu ?  Revenez à moi de tout votre cœur. Laissez-vous réconcilier pour recevoir le Pain vivant.
  • Et après la messe  … Comment repartons-nous ?  Est-ce que nous avons vraiment rencontré  Celui qui veut faire en nous sa demeure ?  Aliment spirituel, guérison de l’Esprit, communion avec celles et ceux qui le contemplent dans la Jérusalem céleste et qui sont assis au festin des noces de l’Agneau ?
  • Et pourquoi le Christ veut-il faire en nous sa demeure, si ce n’est pour nous envoyer vers nos frères  et pour être les témoins de son amour ? 

En célébrant vendredi matin l’Eucharistie, tôt à Marseille, au milieu de nos frères musulmans, en célébrant avec ces jeunes volontaires, j’ai mesuré combien la jeunesse est belle, combien de vivre de l’esprit eucharistique, nous comble et nous unit au Christ et à nos frères en humanité si l'on veut s'approcher de l'autre qui est différent mais à sauver.

Car Dieu a tellement aimé les hommes qu’il veut en Christ-médiateur, nous sauver,

L’eucharistie n’est pas un remède, ni une récompense, ni un dû. C’est Quelqu’un : Le Christ.

Communier ce n’est pas s’approprier Dieu, mais consentir à son amour pour devenir Corps du Christ. « Devenez ce que vous recevez. » Devenez ce que vous désirez devenir.

Bonne fête de l’Eucharistie !

« Regardez l’humilité de Dieu,  faites-lui l’hommage de vos cœurs. »
Venez au banquet.
Venons, participons,  pour faire grandir le corps du Christ qu’est l’Eglise, pour nous laisser aimer, à hauteur de qui nous sommes, pour nous laisser transfigurer, pour devenir et faire advenir en nous une vraie vie eucharistique. Génie de l'amour, mystère de la foi. AMEN.

P. Patrice Marivin


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