Homélie de Mgr Centène, prononcée au cours de la messe diocésaine en ce jeudi de l'Ascension

Chers Frères et Sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui cette affirmation de notre profession de foi : « il est monté au ciel. » C’est l’article le plus court du Credo. En latin il tient en trois mots : « Ascendit in coelum ».

C’est l’article le plus court, mais, pas forcément le plus facile à comprendre, puisqu’en même temps qu’il nous quitte, Jésus affirme, et nous l’avons entendu à l’instant dans l’évangile : «  Je suis avec vous, jusqu’à la fin du monde ».

Saint Luc, dans le livre des Actes des apôtres, d’où a été tirée la première lecture, nous décrit ce mystère, à travers l'image d'un mouvement ascensionnel qui a donné précisément son nom à cette fête de l'ascension : « Tandis que les apôtres le regardaient, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs yeux …et ils fixaient le ciel où Jésus s’en allait. »

Mais la plupart des autres récits du Nouveau Testament affirment, de façon moins imagée mais peut-être plus profonde, que Jésus est allé vers le Père, comme il l’avait annoncé à plusieurs reprises dans le discours après la Cène que nous rapporte l’évangile de St Jean et que nous avons lu les jours derniers aux messes de semaine.

Un grand théologien, saint Albert Le Grand, qui fut le maître de saint Thomas d’Aquin, a pu dire que Jésus est retourné au ciel de la Trinité et nous comprenons bien, dès lors, qu'il ne s'agit pas d’un mouvement spatial vers les étoiles, mais une réalité beaucoup plus profonde. Et saint Albert Le Grand de continuer : « Il faut penser que le ciel de la Trinité n’est rien de créé, rien de corporel, mais la Trinité elle-même. »

L'évangile de saint Matthieu, que nous venons d'entendre, ne nous présente pas un éloignement de Jésus, un enlèvement. Jésus ne s’évade pas de notre condition, au contraire, il nous dit : «  Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ».

Comment cela est-il possible ? L'évangile nous le dit : « Parce que tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre ». Cette formule ne décrit pas l'ascension de façon visuelle, mais, elle nous dit que, Jésus ressuscité partage désormais le pouvoir même de Dieu.

En effet, la Bible réserve à Dieu seul le titre de Seigneur du ciel et de la terre, et, pour en revenir au Credo par lequel nous avons commencé :  « Je crois en Dieu le Père tout puissant, Créateur du ciel et de la terre », c’est-à-dire de l'univers visible et invisible.

En célébrant l'ascension nous ne célébrons par le départ de Jésus vers les zones lointaines, infinies et inaccessibles du cosmos. Nous affirmons, au contraire, qu'en Dieu, il transcende désormais et sans limitation, tous les lieux et tous les temps.

A la question de notre vieux catéchisme : « Où est Dieu ? » nos grands-parents savaient répondre sans hésitation : «  Dieu est partout, au ciel, sur la terre et en tout lieu. »

C’est tout le sens de la  fête de l'Ascension et il nous faut bien comprendre cela. Quand Jésus était sur la terre il y a 2000 ans, dans la réalité de son incarnation, sa présence se trouvait forcément contingente et limitée par sa corporéité. Il n'était présent qu'à quelques hommes et quelques femmes de son pays et de son époque. Maintenant qu’il est au ciel de la Trinité il est présent mystérieusement en mode divin à tout être humain, partout et toujours.

«  Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ».

Quand il était sur la terre, dans la réalité de son incarnation, de sa corporéité, Jésus ne pouvait être qu’extérieur aux personnes qu'il rencontrait sur les chemins de Palestine. Maintenant qu’il est retourné au ciel de la Trinité, il est présent au coeur de chacune de nos vies, au plus intime de nos âmes : « In timior, intime meo » disait saint augustin « plus intime à moi-même, que moi-même ».

« Si quelqu'un garde ma parole mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui et nous ferons chez lui notre demeure. »

Dans quelques jours, je l'espère, grâce à Dieu et grâce aux personnes qui ont saisi le Conseil d'Etat, nous pourrons revenir à un mode plus habituel de pratique religieuse, dans une liberté de culte retrouvée, au moins partiellement  … et il faut s'en réjouir. Mais, j'espère que la longue période de confinement que nous avons vécue nous aura aidé à mieux comprendre cette réalité fondamentale que la fête de l'ascension éclaire d’un jour nouveau, et, que saint Paul exprime de façon magistrale, à la fin du huitième chapitre de l'épître aux Romains :

« J’en ai la certitude : ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés célestes, ni le présent, ni l'avenir, ni les puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ Notre Seigneur.

Frères et sœurs, que cette conviction que nous avons pu éprouver au creuset des épreuves, nous reste chevillée au corps et qu’elle soit notre référence pour le jour d'après qui commence à poindre, mais, qui ne sera pas, lui non plus, exempt d’épreuves.

C'est la grâce que je vous souhaite, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, amen !


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