Homélie de Mgr Centène, prononcée au cours de la messe de 11h00, le dimanche 3 mai 2020 à la basilique de Sainte Anne d'Auray.

Frères et sœurs,

Les lectures, que la liturgie de l’Eglise nous propose en ce 4è dimanche de Pâques, utilise l’image du berger, du Pasteur.

C’est sans doute une référence qui est sortie de nos imaginaires, à l’ère  des élevages en batterie. Mais à l’époque de Jésus elle faisait partie du quotidien. Le matin le berger conduisait son troupeau vers les pâturages, le soir venu il rassemblait ses brebis pour les mettre à l’abri pendant la nuit, pour les soustraire au loup, au voleur, à tous les prédateurs du monde sauvage, et il continuait à veiller sur son troupeau.

Sous la garde de son berger, le troupeau est en sécurtié. Il ne craint rien. L’image du berger est une image rassurante. « Son bâton me guide et me rassure ». Le berger est celui qui protège et qui nourrit : «  tu prépares la table pour moi devant mes ennemis. » Le Berger est donc celui qui fait vivre. « Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre. »

Cette image du berger nous la retrouvons souvent dans la bible pour désigner ceux que Dieu a mis à la tête de son Peuple : David, le roi berger, que Dieu a arraché au pâturage et au troupeau de son père, pour faire de lui le roi d’Israël ; et, avant lui, Moïse qui gardait les troupeaux de son beau-père Jéthro et que Dieu a chargé de faire sortir son Peuple de la maison d’esclavage pour le conduire jusqu’en Terre promise.

A travers les qualités de ces hommes exceptionnels, le peuple a pris conscience progressivement des qualités de celui dont ils étaient l’image et les envoyés, et il a pris l’habitude de voir en Dieu son berger, le berger d’Israël.

En utilisant l’image du Berger pour s’adresser à des pharisiens, versés dans la connaissance des Ecritures, Jésus joue donc sur le double registre de la nature et de la Révélation pour se faire connaitre. « Je suis le Bon Pasteur », dit le Seigneur , « je connais mes brebis et mes brebis me connaissent »

En utilisant cette image Notre Seigneur nous parle de lui et il nous parle de nous.

Il est le Bon Pasteur, celui qui connait ses brebis : un simple coup d’œil sur le troupeau lui permet de voir s’il manque une brebis et le bon pasteur se met aussitôt à la recherche la brebis perdue.

Si un homme a 100 brebis et qu’il en perd une,  il laisse les 99 autres et il part à la recherche de la brebis perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve.

Nous, nous sommes son troupeau, son Peuple ; notre Berger est quelqu’un qui nous connait tous, et il a une place dans son cœur pour chacun d’entre nous personnellement.

Un jour le prophète Isaie a transmis cette parole de Dieu  à son Peuple : « tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».

C’est aussi ,frères et sœurs, ce qu’il dit à chacun d’entre nous dans la situation d’exil qui est la nôtre aujourd’hui, dans l’exil intérieur qui est le nôtre :

  • exil du confinement
  • exil de la solitude
  • exil de la possibilité de nous rassembler pour célébrer notre foi,
  • exil de la nourriture sacramentelle.

Cette image du Berger et de son troupeau nous parle de Dieu, mais elle nous parle aussi de nous. Elle nous dit les qualités du Berger,  elle nous dit aussi quelles doivent être les qualités du troupeau.

« Les brebis écoutent sa voix,
les brebis le suivent car elles connaissent sa voix,
jamais elles ne suivront un étranger,
mais elles s’enfuiront loin de lui
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers ;
Si quelqu’un entre en passant par moi il sera sauvé.

Jésus met en opposition le vrai berger et ce qu’il appelle les voleurs et les égorgeurs. Le vrai berger conduit à la vie, les faux bergers peuvent avoir un visage séduisant mais ils conduisent à la mort.

Au cours de sa longue histoire, l’humanité a connu beaucoup de faux bergers. Bien souvent elle a écouté leurs voix parce qu’elle n’écoutait plus depuis longtemps la voix du vrai berger dont elle avait oublié les tonalités.

Ces faux-bergers ont voulu mener des foules, des nations, des races, des classes sociales, ils ont voulu dominer le monde par leurs idéologies liberticides ou leurs idéologies libertaires, par leur système économique. Il ont toujours conduit le troupeau à la ruine, à l’extermination, à la mort. Ils ont fait rêver l’humanité, et le rêve a toujours viré au cauchemard.

Ce que nous vivons aujourd’hui, frères et sœurs, avec la crise sanitaire maintenant, ce que nous vivrons demain avec la crise économique sans précédent qui se prépare, est une de ces phases dans lesquelles l’humanité se réveille de ses rêves de liberté et de grandeur dans lesquels les faux bergers l’ont endormie :

  • Le libéralisme économique sans frein détruit la maison commune et bouleverse l’équilibre écologique.
  • Le libéralisme moral détruit la nature même de l’homme.
  • La globalisation de l’économie, comme le dit le pape François, produit la globalisation de la misère.

Mes amis, comme elle était sympathique la petite chèvre de M. Seguin !

  • Elle rêvait que l’herbe qui poussait loin de chez elle était bien meilleure que celle de son pré.
  • Elle croyait pouvoir se passer du berger, mais quand elle a concrétisé son rêve, le loup m’a mangée.

A sa différence, l’humanité aura un lendemain, elle aura un avenir. Pourquoi ?

Parce que  son berger a la volonté et le pouvoir de lui donner la vie en abondance, comme nous l’avons entendu à la fin de l’évangile.

Et déjà on songe au monde demain, au monde d’après, à ce monde qui expliquera que si nous écoutons la voix du Bon Berger, il faudra compter avec lui, il faudra lui donner toute sa place.

A l’aube d’un monde nouveau, d’un monde d’après, le monde d’après la traversée du désert, alors qu’il s’apprêtait à faire rentrer son Peuple dans la Terre promise,  Moïse, le grand berger d’Israël, met en garde son peuple contre l’abandon de la Parole de Dieu. Il le met en garde contre l’abandon de l’Alliance. Les chapitres  28 et 29  du Deutéronome (queje vous conseille vivement de lire en cette période confinement) font écho à la parole de Jésus : « Mes brebis écoutent ma voix, je suis venu pour que mes brebis aient la vie, la vie en abondance. »

Oui, Frères et Sœurs, dans le monde d’après, il faudra réapprendre, et c’est pour notre bien, c’est pour notre vie, à compter avec Dieu, avec sa Parole, avec son Alliance, avec sa présence au milieu de nous.

Que Malraux lui-même l’ait dit ou pas, une chose est à peu près certaine, c’est que le XXIè siècle sera religieux ou ne sera pas.

Notre Dieu, notre berger a toujours le dernier mot. Quand ce n’est pas par les bienfaits de sa présence, c’est par les méfaits de son absence.

Mettons-nous donc à l’écoute de sa voix. Apprenons à la reconnaitre. Dieu n’est jamais une variable d’ajustement, Dieu est Dieu. Et quand nous prétendons transformer ses églises en salles de spectacle il se charge lui-même de les fermer et pour longtemps.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen


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