Homélie de Mgr Centène, prononcée au cours de la messe de 11h00, le dimanche 19 avril 2020 : dimanche de la Miséricorde divine.

Le deuxième dimanche de Pâques a reçu différents noms dans l'histoire de la liturgie. Dans l'Antiquité chrétienne on l'appelait le dimanche in albis, « en aube, en blanc », parce que c'était le jour où ceux qui avaient été baptisés dans la nuit de Pâques revenaient huit jours après pour déposer les vêtements blancs qu'ils avaient reçus à l'occasion de leur baptême. Cela signifiait qu'ils n'étaient désormais plus des néophytes, mais qu'ils étaient considérés comme pleinement chrétiens.

Plus tard, on l'a appelé le dimanche de Quasimodo parce que dans le missel romain, c'est le premier mot de l'antienne d'ouverture de l'introït : « Comme des enfants nouveaux nés ont soif de lait, soyez avides du lait de la parole. » Et c'est aussi une référence aux nouveaux baptisés qui doivent se nourrir de la Parole de Dieu pour devenir véritablement adultes dans la foi et la pratique chrétienne.

Nous aurons donc aujourd'hui une pensée toute particulière pour nos catéchumènes qui auraient dû être baptisés la semaine dernière pendant la vigile pascale et avec qui j'aurais dû me trouver aujourd'hui chez les soeurs de Kermaria pour une journée de catéchèse post-baptismale.
Tout cela, bien évidemment, n'a pas pu avoir lieu à cause de l'épidémie du Covid-19 qui nous tient confinés.
Mais ils sont présents dans notre esprit, dans notre coeur, dans notre prière en ce jour. Nous prions aussi pour les soeurs de Kermaria, chez qui nous aurions dû être aujourd'hui. Qu'elles soient assurées de notre prière.

Saint Jean-Paul II, en l'an 2000, a fait, de ce deuxième dimanche de Pâques, le dimanche de la Miséricorde divine, mettant ainsi en relief une révélation privée faite à une religieuse polonaise qu'il avait canonisée peu de temps avant : sainte Faustine, à qui le Christ avait demandé que la Miséricorde de Dieu soit particulièrement honorée en ce deuxième dimanche de Pâques.

Parmi les textes de ce jour, seule la deuxième lecture la lettre de saint Pierre nous parle explicitement de la miséricorde. Elle nous invite à louer Dieu qui, « dans sa grande Miséricorde, nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus, pour une vivante espérance. »

Mais si nous y regardons de plus près, nous voyons que le thème de la miséricorde, c'est à dire de l'amour inconditionnel de Dieu est sous-jacent à toute la liturgie de ce jour.

Le mystère de la miséricorde, c'est le mystère d'un cœur qui s'émeut, d'un le cœur qui se laisse toucher par la compassion, d'un cœur qui fait grâce. C'est le mystère d'un amour qui, non seulement se donne sans condition, mais qui se donne d'une manière toute particulière à ceux qui le méritent le moins. Dieu cherche à nous combler, non pas à cause de nos mérites, mais parce qu'il nous aime. Il veut nous associer à sa victoire sur le péché et sur la mort. Il veut nous faire participer à la joie de son salut.

Le coeur de Dieu est un coeur qui ne savoure aucune tristesse
Un coeur magnifique à se donner
Un coeur tendre à la compassion
Un coeur qui ne tient rancune d'aucun mal
Un coeur qu'aucune ingratitude ne ferme
un coeur qu'aucune indifférence ne lasse. (1)

L'Évangile que nous venons d'entendre nous révèle un peu plus de cette miséricorde.

C'était au soir du premier jour de la semaine, nous dit saint Jean, le premier dimanche de l'ère chrétienne. Les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des juifs. Les disciples avaient peur. Ils avaient la peur au ventre à cause du climat de violence et de haine qui régnait sur Jérusalem depuis la mort de Jésus. Ils craignaient pour leur sécurité, ils craignaient pour leur vie.

Cette peur, nous la connaissons bien ! Dans certains pays, dont la liste est longue, les chrétiens sont persécutés, massacrés. Ailleurs, ils sont tournés en dérision, ils n'osent pas se dire chrétiens. Nous avons construit un monde sans Dieu, un monde dans lequel l'humanité n'a plus d'altérité, parce que nous avons fait disparaître tout signe de transcendance, un monde fermé sur lui même, sur ses préoccupations, sur ses égoïsmes, une humanité fermée sur son égo, un monde où l'homme est devenu tellement tourné sur lui-même, que quand on se tourne vers Dieu, il croit qu'on lui tourne le dos !

L'enfermement auquel nous sommes contraints aujourd'hui est une véritable parabole, une image de ce monde, une parabole qui doit nous instruire.

Or, c'est dans ce monde tel qu'il est, c'est à ses disciples confinés, hier par peur des Juifs, aujourd'hui par peur d'un virus, que la miséricorde de Dieu se manifeste, que Jésus ressuscité vient au devant de nous, au devant des siens et leur dit « la paix, soit avec vous » La paix, c'est à dire l'apaisement de toutes querelles, l'apaisement de toute crainte, de toute peur, de toute angoisse.

Comme il l'a fait pour les apôtres, puis pour Thomas, le Seigneur ressuscité nous rejoint dans nos enfermements, dans nos confinements : nos barrières, nos portes verrouillées, nos gants, nos masques, nos distanciations sociales, la pierre même qui fermait son tombeau, tout cela pour Jésus, icône de la miséricorde du Père, ne fait pas obstacle, ne compte pas, il est toujours là et il ne demande qu'à nous rejoindre. Au cœur de nos vies, au cœur de nos déroutes, au cœur de nos échecs, au cœur de nos défaites, pour rebâtir avec nous l'espérance, pour rebâtir nos vies personnelles et relationnelles, pour rebâtir sur la pierre angulaire de l'amour miséricordieux.

Jadis, dans des jours meilleurs, notre diocèse a été consacré au Coeur de Jésus et au Cœur immaculé de Marie, qui sont les icônes de cette miséricorde divine. Le Cœur de Jésus comme cœur de Dieu, le Cœur de Marie comme coeur de celle qui a été le disciple parfait. Peut-être cette démarche alors nous a t elle paru comme quelque chose de formel, d'extérieur à nos vies qui nous a peu touchés.

Aujourd'hui, frères et soeurs, atteints dans nos existences défaits dans notre volonté de ne rien devoir qu'à nous mêmes, vaincus dans notre désir prométhéen de dominer le monde, nous voulons renouveler cette consécration de nos vies, de nos personnes, de notre pays, de nos sociétés humaines, sans compter sur nos mérites, mais seulement sur les effets de cette Miséricorde infinie que nous célébrons aujourd'hui.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.


 (1) Lire l'intégralité de la prière du père Léonce de Grandmaison, jésuite (1868-1927)


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