Homélie prononcée par Mgr Centène, lors de la messe de 11 heures, ce dimanche 29 mars, en la chapelle de la Maison du Diocèse

L'évangile d'aujourd'hui, nous conduit, au cœur  d'un drame, dans une famille d'amis de Jésus Marthe Marie et Lazare.

 Une famille que nous connaissons bien, parce que l'évangile nous en parle à plusieurs reprises, et, le début de notre texte d'ailleurs nous le rappelle.

Cette famille vit un drame semblable à ces drames dont nous sommes témoins autour de nous, ou que nous vivons nous-mêmes, en cette période d'épidémie.

Lazare tombe malade. Ses deux sœurs alertent Jésus qui aurait pu venir et le guérir. Leur appel est une prière.

Mais au lieu de se précipiter chez ses amis, comme les deux sœurs s'y attendaient pour ramener la santé dans leur maison, Jésus attend deux jours avant de se mettre en chemin.

Deux jours c'est très long  quand on est dans l'angoisse ; ces deux jours ont été suffisants pour que Lazare passe de vie à trépas. Marthe en fera d'ailleurs le reproche à Jésus dès qu'il arrivera. Et Marie formulera aussi la même amertume : «  Si tu avais été là mon frère ne serait pas mort. »

  • Pourquoi Jésus a-t-il attendu deux jours avant d'exaucer la prière des deux sœurs de Lazare ?
  • Pourquoi ne s'est il pas manifesté tout de suite ?

Était-ce parce qu'il n'avait pas le pouvoir de guérir Lazare ? C'est la réaction de certains juifs : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Nous savons bien que la réponse n'est pas là. Puisque Jésus a ressuscité Lazare  c'est donc qu'il aurait pu l'empêcher de mourir. Qui peut le plus peut le moins !

Jésus a t il attendu deux jours parce qu'il ne s'intéresse pas à la marche du monde et aux souffrances qu'elle peut générer ?

Le verbe qui était au commencement et qui, partout et par qui, tout fut fait, a posé les lois qui régissent la création, qui fixent le cours des astres et la puissance des marées.

  • Que les hommes suivent ces lois et tout ira bien !
  • S'ils s'en détournent ou s'ils prétendent s'y soustraire c'est leur affaire !
  • Ce n'est pas le problème de Dieu qu'ils en paient les conséquences, il n'interviendra pas !

Mais cela ne correspond pas du tout à ce que nous savons de Jésus, « lui qui est passé parmi les hommes en faisant le bien. »

Jésus aurait il tardé à venir parce qu'il n'aimait pas Lazare ? Certainement pas puisque l'évangile atteste du contraire. Les deux sœurs font appeler Jésus en lui faisant dire « celui que tu aimes est malade ».

Et l'évangile nous dit Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. Il pleure devant son tombeau et les juifs en le voyant pleurer disent : « Voyez comme il l'aimait. »

Alors pourquoi Jésus n'est il pas venu plus vite ?

C'est une question que nous nous posons toujours face à la souffrance, au malheur, à la mort. C'est l'éternelle question du mal : « Pourquoi Dieu le permet t il ? »

C'est une question que nous nous posons avec encore plus d'acuité en ce temps où nous souffrons.

Jésus dans l'évangile d'aujourd'hui nous donne un début de réponse : « cette maladie ne conduit pas à la mort », et encore, quand il apprend la mort effective de Lazare : « Je me réjouis de n'avoir pas été là à cause de vous, pour que vous croyiez. »

Il est donc d'abord question, de la gloire de Dieu et ensuite, il est question de la foi : « pour que vous croyiez ».

La référence à la gloire de Dieu est une invitation à porter sur toutes choses un regard surnaturel illuminé par la gloire de Dieu, à tout considérer à la lumière de sa fin, à tout voir du point de vue de Dieu qui peut ressusciter les morts, alors même qu'ils sentent déjà !

C'est une invitation à ne pas nous enfermer dans nos perspectives matérialistes marquées par la finitude. Avec Dieu rien n'est jamais fini. Notre histoire avec Dieu, quoi qu'il arrive est toujours une histoire qui finit bien. Et rien, en ce monde, n'est plus important que cette heureuse fin.

L'apocalypse même, dont certains se plaisent à voir en tremblant des images de ce qui nous arrive, n'est rien d'autre que l'heureuse fin de l'histoire, le triomphe de Dieu et de ses amis.

Pour porter sur toute chose :

  • ce regard surnaturel,
  • ce regard qui donne sens,
  • ce regard qui libère de toute angoisse,
  • ce regard qui émerge du brouillard des larmes,
  • ce regard qui s'ouvre à l'espérance,

nous avons besoin de la foi.

Et c'est précisément, pour que la foi, qui est le bien le plus précieux, puisse naître, pour que la foi puisse s’affermir, grandir, se consolider, pour que la foi puisse se partager et rayonner, que la famille et les amis de Lazare et, Jésus lui même qui pleurait devant son tombeau, ont vécu cette épreuve.

Jésus ne se met pas à côté ou au dessus de l'épreuve ; il la vit avec eux et il souffre et il pleure.

Pourquoi ?

A cause de vous, pour que vous croyiez.

L'évangile aujourd'hui nous montre comment Marthe a vécu cet approfondissement de la foi, cet affermissement, cette croissance, cette consolidation. Elle est appelée à une transformation qualitative de sa foi. Dans son dialogue avec Jésus, et c'est en cela que réside la prière, elle passe du « Je sais », au « Je crois ».

Jésus lui dit « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : «  Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour. » Elle sait son catéchisme Marthe et elle le récite !

Mais Jésus pousse plus loin. « Moi je suis la résurrection et la vie , crois-tu cela ? ».

Elle répondit : «  Oui Seigneur je le crois tu es le Christ, le Fils de Dieu ! Tu es celui qui vient dans le monde. »

Il lui a fallu quatre jours et ce long dialogue avec Jésus, qui ne l'avait pas encore exaucée, pour passer du « je sais » au « je crois », pour passer des connaissances de son catéchisme, à une foi existentielle, à une foi vécue et qui fait vivre, et cette expérience qui l'a menée jusque là, cette expérience aussi douloureuse,  cette expérience de souffrance de maladie de mort de deuil, cette expérience vécue en famille, cette expérience vécue avec Jésus qui, lui aussi, a souffert et pleuré !

Cette expérience porte du fruit dans la communion des saints : « Beaucoup de juifs qui étaient venus crurent en lui ».

Et si l'épreuve que nous vivons aujourd'hui, frères et sœurs, cette épidémie, nous était donnée pour que nous puissions faire, nous aussi, ce saut qualitatif dans la foi ?

Dimanche dernier, nous avons écarté l'idée que ce pourrait être un châtiment de Dieu. Nous avons retenu l'idée que ce pourrait être un temps de discernement, un temps de réflexion, une façon pour Dieu d'attirer notre attention sur nos égarements, une façon pour Dieu d'ouvrir nos yeux d'aveugle.

Et si c'était aussi une invitation à la vraie foi ?

Il y a si longtemps que nous l'avons oubliée !

Notez bien, mes amis, que Marthe avait un avantage sur nous. Elle connaissait son catéchisme ! Mais nous, nous l'avons oublié, les jeunes générations ne l'ont même jamais appris.

Il a fallu quatre jours, quatre jours d'épreuves à Marthe pour faire son chemin. Nous faudra t il, quatre semaines, quatre mois, quatre ans, quatre siècles ? Personne ne le sait. Tout ce que nous savons, c'est qu'avec Dieu, dans la foi nous serons toujours vainqueurs. L'histoire sainte est toujours une histoire qui finit bien.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen !


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