Homélie prononcée par Mgr Centène, lors de la messe de 11 heures, ce dimanche, en la chapelle de la Maison du Diocèse

Une fois encore la Parole de Dieu vient nous rejoindre, au cœur de nos vies pour les éclairer, leur donner la lumière.

Dieu nous parle à travers l'Écriture Sainte et à travers les signes des temps, ces évènements qui marquent nos vies et que nous devons apprendre à interpréter à la lumière des Saintes Écritures, pour pouvoir passer des ténèbres à la lumière, des critères du monde influencés par nos peurs, nos modes, nos idées reçues, aux critères de Dieu.

Dans l'évangile, nous voyons les disciples de Jésus qui raisonnent à la manière du monde. Confrontés à un homme aveugle de naissance, ils posent à Jésus la question qui les préoccupe : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents pour qu'il soit aveugle ? » Ils associent son infirmité à une punition.

Cette question, frères et sœurs, dans les temps troublés où nous sommes, rejoint bien évidemment les nôtres. D'où viennent les souffrances, les épidémies, les catastrophes qui accablent de plus en plus de personnes aujourd'hui dans le cadre de la crise sanitaire que nous traversons ?

Jésus apporte une réponse. Ces malheurs ne viennent pas de Dieu. Dieu étant Père qui aime ses enfants, il nous a envoyé son Fils Jésus pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Ni lui, ni ses parents n'ont péché. Mais c'était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. L’infirmité de cet homme, son handicap va permettre la manifestation, c’est-à-dire la révélation des œuvres de Dieu.

A travers l’infirmité de cet homme et sa guérison, Dieu veut nous dire quelque chose.

Frères et sœurs, à travers ce que nous vivons aujourd'hui aussi, Dieu veut nous dire quelque chose. Il veut attirer notre attention comme un père, qui cherchant à éduquer ses enfants, attire leur attention sur leurs défauts pour qu'ils puissent s'en corriger, pour qu'ils puissent atteindre à une vie meilleure, plus conforme à leur dignité, plus conforme à ce qu'il attend d'eux, pour atteindre une vie plus heureuse, plus épanouissante, plus juste.

Mes amis, est-ce que tout va bien dans notre vie personnelle, dans notre vie collective, plus largement, dans la vie de notre humanité pour que Dieu n’ait pas à attirer notre attention sur la marche du monde, sur les priorités de notre société, sur nos choix ?

Dieu nous demande aujourd'hui de nous asseoir et de réfléchir.

  • « Mon enfant comment vas-tu ?
  • Agis-tu correctement ?
  • Est ce que tu traites bien la nature que je vous ai donnée en partage ?
  • Est ce que vous grandissez bien en tant que société ? »

Et beaucoup d'autres choses encore auxquelles nous pouvons réfléchir.

Nous étions jusqu'à présent sur-occupés, pris dans le tourbillon de l'action, dans le « faire » et bien éloignés, hélas, des grandes questions métaphysiques.

Le confinement auquel nous sommes contraints, nous permet aujourd'hui de faire le point comme les marins d'autrefois qui, à l'aide de leur sextant, de leur boussole, les yeux fixés sur l’étoile polaire, prenaient le temps de vérifier s'ils étaient toujours sur la bonne route.

C'est un exercice auquel nous nous livrons, parfois, à titre personnel, lorsque nous décidons de faire une retraite en mettant sous nos yeux la perspective des fins dernières de l'homme.

Cet effort, mes amis, il nous est aujourd'hui demandé de le faire, collectivement, en humanité. A l'heure où le monde est devenu un gros village, c'est une véritable retraite paroissiale aux dimensions du monde qui nous est offerte. Jamais pareilles opportunités n'avaient été données aux hommes. Saurons nous en tirer profit ?

Pour cela il nous faut ouvrir les yeux en ce quatrième manche de carême. Cet aveugle sur la route, c'est toute l'humanité. Elle est plongée dans les ténèbres de l'ignorance religieuse et du péché.

Jésus a vu toute cette détresse et il continue de venir pour apporter la véritable libération à tous ceux qui sont aveuglés par leurs certitudes, par leur orgueil. A ceux qui se détournent du vrai Dieu, pour s'attacher à des idoles qui ne peuvent pas les combler : l'argent, les richesses, les plaisirs d'un instant qui nous font oublier notre condition.

C'est de cet aveuglement que Jésus veut nous guérir.

 Pour cela, il accomplit un geste bien curieux. « Il cracha à terre et avec la salive il fit de la boue, puis il appliqua la boue sur les yeux de l'aveugle, et lui dit : va te laver à la piscine de Siloé ».

Être touché par de la boue, c'est assurément quelque chose qui n'est pas agréable. Lorsque des critiques injustes mettent en cause notre honneur ou notre bonne foi, ne disons-nous pas que nous avons été traînés dans la boue !

Et si nous considérons que cette boue a été faite à partir d’un crachat, cela ajoute encore à l'humiliation et au désarroi !

C'est précisément, frères et sœurs, pour que nous ouvrions les yeux, il faut que nous soyons touchés par quelque chose qui nous répugne, qui nous fasse comprendre que nous ne sommes pas intouchables, invulnérables.

  • Nous pensions avoir vaincu les maladies par notre science.
  • Nous pensions avoir repoussé les limites de la mort.
  • Nous pensions avoir conquis notre liberté de haute lutte.
  • Et nous vivions chacun pour soi, au mépris des autres.

Et voilà que nous sommes touchés aujourd'hui par tout ce qui nous répugne : nous sommes malades, nous sommes mortels, nous sommes obligés de faire l'apprentissage de l'obéissance pour préserver le premier des biens communs : la Vie.

Quelle leçon !

En touchant cet aveugle avec une poignée de boue, Jésus lui rappelle sa condition d'homme tirée de la Terre : « Le Seigneur Dieu modela l'homme avec la poussière retirée du sol.  Il a insufflé dans ses narines le souffle de la vie et l'homme devint un être vivant. » lisons nous au deuxième chapitre du livre de la Genèse.

Frères et sœurs, puisse cette longue retraite qui nous est offerte, ouvrir nos yeux et nous faire comprendre que nous sommes vulnérables et solidaires sous le regard de Dieu et de l'énergie de son Souffle.

Qu'est ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme que tu en prennes souci ?

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.


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