18ème dimanche du temps ordinaire B

                "Tu finis ton assiette, on ne fait pas de restes" - "vous n'allez pas laisser ce morceau de viande/cette part de guiche/ces trois pommes de terre se battre dans le plat, vous finissez, pas de restes"... Voilà ce que l'on peut entendre autour des tables familiales en ce mois d'été, la consigne est claire : "pas de restes". On entend parfois en guise de réponse : "impossible, je n'ai plus faim, je suis repu".

                "Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle" nous dit l'Evangile. Lorsque Jésus vient nourrir les hommes, il ne donne pas quelques miettes comme on en donne aux oiseaux sur nos balcons ou aux pigeons sur les places publiques mais il donne de bon coeur, généreusement, abondamment, il donne tout. Il se donne totalement, il se fait pain pour semer en notre coeur les grains de blés de son amour et il les sème jusqu'à gaspiller ses forces, sa vie, sa mort.

Aimer pour le Christ, c'est gaspiller !

                Notre vocation, l'appel reçu de Dieu : supportez-vous ! Autrement dit : aimez en gaspillant !

                Aimer, c'est gaspiller ! Non pas en succombant à une rage acheteuse comme peut-être lors de la braderie ce vendredi à Vannes mais en semant sans cesse avec patience, humilité et douceur. "Laissez vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez l'homme nouveau, crée, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conforme à la vérité" (2ème lecture).  Accepter que nos paroles d'amour, nos gestes d'amour, nos regards de tendresse puissent tantôt tomber à côté, tant être étouffés par les préoccupations ou tantôt être accueillies afin porter du fruit.

                Aimer, c'est gaspiller ! C'est le plus mauvais placement qu'il soit. Il faut sans cesse taper dans la capital. Aimer, ce n'est pas seulement donner son surplus ou les intérêts. Je ne peux pas dire, par exemple, à l'homme ou la femme de ma vie, ou à mes enfants ou à mon meilleur ami : "je t'aimerai avec le surplus d'amour de mon réservoir d'affectivité, avec les intérêts, les dividendes de mon coeur" sinon cela voudrait dire : "je me sens suffisamment aimé, bien dans ma peau, épanoui, je peux alors donner ce que j'ai de trop pour l'autre".

                Aimer, c'est gaspiller, accepter que toutes nos marques d'amour ne soient pas reçues ou bien reçues. Il faut accepter une certaine perte mais dans cette certitude si bien énoncée par Saint Jean de la Croix : qui sème l'amour, récolte l'amour... et en grande quantité dit l'Evangile dont les taux feraient rêver bien des banquiers, 30, 60, 100 pour un ! Nous sommes en amour, mais aussi en amitié, trop avars, trop calculateurs ; l'oncle Picsou était un grand épargnant mais ce n'est certes pas l'idéal vers lequel nous pousse l'Evangile.

                Aimer, c'est reconnaître avec humilité que l'autre est comme moi, fragile et donc que parfois son coeur n'est pas une terre (le mot humilité vient de humus - terre) hospitalière mais un champ de ronces ou un sol rocailleux. Nous avons tous des limites, des défauts de caractère et des blessures qui empêchent notre coeur d'être toujours charmant. Alors comment supporter l'autre avec amour ? Benoit XVI, un jour, se demandait lui-même comment supporter l'autre ? D'abord en prenant conscience que l'autre est lui aussi obligé de me supporter : 1 à 1 : balle au centre.

                Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous rappelle les vertus de notre baptême : "revêtez l'homme nouveau". La douceur de notre baptême qui a fait de nous des enfants de Dieu le Père. Car pour faire du pain, il faut non seulement que les grains semés produisent dans la bonne terre du blé mais qu'à la farine issue de ces grains soit ajoutée de l'eau.

                "Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir et te croire ?" disent les disciples à Jésus. Réponse : "Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura jamais soif".

                Je suis le pain qui vient du ciel. Oui, du ciel : "Je suis le pain vivant descendu du ciel... De mon coeur transpercé coulent des fleuves d'eau vive, l'Esprit Saint, doux comme la colombe. IL est le pain de l'amour de Dieu qui vient refaire nos forces en amour.

                Depuis notre baptême, le Christ est semé en nous ; il se tient là prêt à aimer en nous, à renouveler par son Esprit Saint, notre capacité à aimer les autres avec douceur. Nous seulement les aimer, mais les aimer avec douceur. Notre capacité d'aimer dépend de Dieu puisqu'il en est la source.

                Bonne Nouvelle ! Nous pouvons demander au Dieu de notre baptême l'amour qui nous manque, nous qui savons si peu aimer, et le recevoir comme un don gratuit.

                Fabriquer du pain demande de la patience ! Il ne suffit pas de semer et récolter les grains, faire de la farine et y ajouter de l'eau ! Il faut se lever tôt, travailler la pâte, sans cesse veiller à ce qu'elle ne retombe pas, être vigilant pour le sel et le goût, surveiller le four.

                C'est une affaire de patience ! Mais au bout du travail, au bout de la fatigue, il y aura du bon pain, bon et chaud, si généreux que l'on dira : "Je suis en paix ; je suis heureux ! Nous avons travaillé non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle !". AMEN

P. Patrice Marivin


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