Par le père Jean-Baptiste JEGO

Cette lettre encyclique a ceci de particulier qu’elle est la dernière de Benoît XVI et la première de François : quatre mains, deux auteurs, une signature !

La foi peut se dire dans des styles propres, dans des perceptions et des cultures diverses…
Dans l’introduction, au n° 7, on lit, sous la plume de François :

 Ces considérations sur la foi (…) entendent s’ajouter à tout ce que Benoît XVI a écrit dans les encycliques sur la charité et sur l’espérance. Il avait déjà pratiquement achevé une première rédaction d’une lettre encyclique sur la foi. Je lui en suis profondément reconnaissant et, dans la fraternité du Christ, j’assume son précieux travail, ajoutant au texte quelques contributions ultérieures. Le successeur de Pierre, hier, aujourd’hui et demain, est en effet toujours appelé à confirmer les frères dans cet incommensurable trésor de la foi que Dieu donne comme lumière sur la route de chaque homme ».

Ce texte est publié au cœur de l’Année de la Foi qui a commencé le jour du 50ème anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II qui « a fait briller la foi à l’intérieur de l’existence humaine en parcourant les routes de l’homme d’aujourd’hui » (n° 6).

La foi est LUMIERE et c’est sous le signe de la lumière que se développe l’encyclique.

La foi naît de la rencontre avec le Dieu vivant qui nous appelle et nous révèle son amour, un amour sur lequel nous pouvons nous appuyer pour être solides et construire notre vie (…)
La foi que nous recevons de Dieu comme un don surnaturel apparaît comme une lumière pour la route, qui oriente notre marche dans le temps (…)
La foi est une lumière pour nos ténèbres » (n° 4), dans notre vie personnelle, dans notre vie familiale, dans notre vie sociale, une force de consolation dans la souffrance (n° 50 à 57). 
« Quand manque la lumière, tout devient confus ; il est impossible de distinguer le bien du mal, la route qui conduit à destination de celle qui nous fait tourner en rond, sans direction » (n° 3).

LUMEN FIDEI comporte quatre chapitres :

  1. - Nous avons cru en l’amour (I Jean 4/16)
  2. – Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas (Isaïe 7/9)
  3. – Je vous transmets ce que j’ai reçu (I Corinthiens 15/3)
  4. – Dieu prépare pour eux une cité (Hébreux 11/16).

1 - NOUS AVONS CRU EN L’AMOUR (n° 8 à 22)

Ce premier chapitre rappelle les fondements de la foi chrétienne, de Dieu Père au Christ médiateur et sauveur, mort et ressuscité pour les hommes : « l’amour divin possède les traits du père qui soutient son fils au long du chemin (Deutéronome 1/31) » (n° 12) et « à la lumière de sa Résurrection, la mort du Christ dévoile la fiabilité totale de l’amour de Dieu (…) Dans la foi, le Christ n’est pas seulement celui en qui nous croyons – la manifestation la plus grande de l’amour de Dieu – mais aussi celui auquel nous nous unissons pour pouvoir croire (…) Nous croyons à Jésus quand nous acceptons sa parole, son témoignage, parce qu’il est véridique  (Jean 6/30). Nous croyons en Jésus quand nous l’accueillons personnellement dans notre vie et nous nous en remettons en lui, adhérant à lui dans l’amour et le suivant au long du chemin (Jean 2/11 ; 6/47 ; 12/44) » (n° 17 et 18).

 La foi naît donc de la rencontre amoureuse avec Dieu vivant, fidèle et miséricordieux. « Croire signifie s’en remettre à un amour miséricordieux qui accueille toujours et pardonne, soutient et oriente l’existence (…) La foi consiste dans la disponibilité à se laisser transformer toujours de nouveau par l’appel de Dieu » (n°13).

2 - SI VOUS NE CROYEZ PAS, VOUS NE COMPRENDREZ PAS (n° 23 à 36)

Les relations entre foi et vérité ainsi qu’entre foi et raison sont longuement exposées dans le deuxième chapitre. Aujourd’hui, en ce temps du relativisme beaucoup pensent qu’il n’y a plus de vérité qui s’impose à tous. « Justement à cause de la crise de la vérité dans laquelle nous vivons, il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de rappeler la connexion de la foi avec la vérité » (n° 25).

Vérité et amour s’unissent pour nous faire accéder à la connaissance « qui éclaire le chemin dans l’histoire » (n° 28). En effet, « si l’amour a besoin de la vérité, la vérité, elle aussi, a besoin de l’amour. Amour et vérité ne peuvent pas se séparer. Sans amour la vérité se refroidit, devient impersonnelle et opprime la vie concrète de la personne. La vérité que nous cherchons, celle qui donne sens à nos pas, nous illumine quand nous somme touchés par l’amour. Celui qui aime comprend que l’amour est une expérience de vérité, qu’il ouvre lui-même nos yeux pour voir toute la réalité de manière nouvelle, en union avec la personne aimée » (n° 27).

La vérité ne s’impose jamais avec violence. La vérité n’écrase pas la personne. La vérité rend humble et invite au dialogue. Le dialogue entre foi et raison a commencé par « la rencontre du message évangélique avec la pensée philosophique du monde antique ; elle fut un passage déterminant pour que l’Evangile arrive à tous les peuples. Elle favorisa une interaction féconde entre foi et raison, interaction qui s’est toujours développée au cours des siècles jusqu’à nos jours (voir l’encyclique de Jean-Paul II, « Fides et ratio », qui montre comment foi et raison se renforcent réciproquement) » (n° 32).

Le dialogue avec le monde est donc vivement encouragé, dans la ligne du concile Vatican II, dialogue œcuménique ainsi que dialogue avec les croyants d’autres religions et avec les incroyants eux-mêmes.

3 - JE VOUS TRANSMETS CE QUE J’AI RECU (n° 37 à 49)

 Ce troisième chapitre est consacré à l’évangélisation : la foi doit être transmise. « La foi se transmet, pour ainsi dire, par contact, de personne à personne, comme une flamme s’allume à une autre flamme (…) La transmission de la foi, qui brille pour tous les hommes et en tout lieu, traverse aussi l’axe du temps, de génération en génération (…) C’est à travers une chaîne ininterrompue de témoignages que le visage de Jésus parvient jusqu’à nous » (n° 37 et 38). La foi n’est pas abstraction. La foi est relation.

En insistant sur la nécessité de l’évangélisation par la transmission de la foi l’encyclique s’appuie sur les premières prédications et pratiques chrétiennes. Les premières lignes du chapitre rappellent que « celui qui s’est ouvert à l’amour de Dieu, qui a écouté sa voix et reçu sa lumière, ne peut garder ce don pour lui. Puisque la foi est écoute et vision, elle se transmet aussi comme parole et lumière. S’adressant aux Corinthiens, l’apôtre Paul utilise justement ces deux images. D’une part : « Possédant ce même esprit de foi selon ce qui est écrit : J’ai cru et c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi nous croyons et c’est pourquoi nous parlons (II Co 4/13 »). D’autre part : « Nous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image (II Co 3/18) » (n° 37).

La foi est relation : avec Dieu vivant ainsi qu’avec nos frères. « Il est impossible de croire seul. La foi n’est pas seulement une option individuelle que le croyant prendrait dans son intériorité, elle advient toujours dans la communion de l’Eglise. La forme dialoguée du Credo, utilisée dans la liturgie baptismale, nous le rappelle. Il est possible de répondre à la première personne, « je crois », seulement dans la mesure où l’on appartient à une large communion, seulement parce que l’on dit aussi « nous croyons » (n°39).

Cette réflexion se traduit par un long développement sur le rôle et l’importance des sacrements (n° 40 à 45).
Avant tout, la foi s’appuie sur le Baptême qui transforme fondamentalement celui qui le reçoit en le faisant fils de Dieu et participant de la nature divine (n°41 à 43).
D’autre part, « la nature sacramentelle de la foi trouve sa plus grand expression dans l’Eucharistie qui est rencontre avec le Christ réellement présent dans l’acte suprême de son amour, le don de lui-même qui produit la vie » (n° 44).

Les sacrements transmettent la mémoire de l’Eglise ; de même la confession de foi (n° 45), la prière, surtout le Notre Père, et le Décalogue qui balise la route à parcourir. « La catéchèse de l’Eglise s’est structurée autour de ces éléments, y compris le Catéchisme de l’Eglise catholique, instrument fondamental par lequel, de manière unifiée, l’Eglise communique le contenu complet de la foi, « tout ce qu’elle est, tout ce qu’elle croit » (Vatican II, « Dei Verbum », n° 8) » (n° 46).

4 - DIEU PREPARE POUR EUX UNE CITE (n° 50 à 60)

 La quatrième et dernière partie – de caractère social – montre que les chrétiens sont appelés par la foi à s’ouvrir largement au monde. « En raison de son lien avec l’amour (voir Galates 5/6), la lumière de la foi se met au service concret de la justice, du droit et de la paix (…) La lumière de la foi est capable de valoriser la richesse des relations humaines, leur capacité à perdurer, à être fiables et à enrichir la vie commune. » (n° 51).

Différents domaines sont alors abordés :

  • le bien commun (n° 51),
  • la famille (n° 52, 53),
  • la fraternité universelle entre les hommes (n°54),
  • la dignité unique de chaque personne (n° 54),
  • le respect de la nature (n° 55),
  • la foi comme force de consolation dans la souffrance (n° 56)…

Les trois derniers paragraphes (n° 58, 59, 60) évoquent la foi de la Vierge Marie qui « a accompli le pèlerinage de la foi en suivant son Fils ».

L’encyclique se termine par une très belle prière adressée à Celle qui a cru : 

 O Mère, aide notre foi ! Ouvre notre écoute à la Parole pour que nous reconnaissions la voix de dieu et son appel (…) Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton fils, notre Seigneur ! »

LUMEN FIDEI est un signe important de la continuité doctrinale, spirituelle, pastorale des deux papes, l’émérite et l’actuel, malgré des différences notables de style entre les deux personnalités.

En signant ce texte sur la foi, François, au service de l’unité et de l’harmonie, assume la conclusion du cycle initié par Benoît XVI sur les trois vertus théologales, après la charité (« Deus caritas est », 2006 et « Caritas in veritate », 2009) et l’espérance (« Spe salvi », 2007).

On annonce déjà la parution de la première encyclique personnelle du pape François sous le titre « Beati pauperes » - « Heureux les pauvres ».

Encyclique  du Pape François
La lumière de la foi, Bayard, Cerf, Fleurus-Mame, 29 juin 2013
Préface de Mgr. Carré, archevêque de Montpellier, vice-président de la Conférence des Evêques de France  90 pages, 4 €

Jean-Baptiste JEGO,
de l’équipe pastorale de la paroisse cathédrale Saint-Pierre, Vannes
12 juillet 2013


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